Equipe de France de volley/Benjamin Toniutti: «Les adversaires sont fatigués de devoir jouer contre nous»

VOLLEY Les Bleus sont à un pas des demi-finales des Mondiaux en Pologne...

J.L.
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Benjamin Toniutti, passeur des Bleus, félicite Nicolas Le Goff, le 16 septembre 2014 en Pologne.
Benjamin Toniutti, passeur des Bleus, félicite Nicolas Le Goff, le 16 septembre 2014 en Pologne. — Lukasz Kalinowski/SIPA

Les volleyeurs français, auteurs d’un parcours splendide aux championnats du monde en Pologne, n’ont pas eu l’attention qu’ils méritaient depuis le début de la compétition. La faute à la Coupe Davis, au basket, et un peu, aussi, à un format de compétition compliqué. Mais comme les Bleus sont pratiquement qualifiés pour les demi-finales avant de rencontrer l’Iran jeudi, il est temps de réparer l’oubli avec Benjamin Toniutti, le capitaine de l’équipe de France.

La France est presque qualifiée pour les demi-finales alors qu’elle était cotée à 1/200 au début des Mondiaux? Comment expliquer ce parcours exceptionnel?

Le fait de réussir à sortir d’un groupe monstrueusement dur au premier tour nous a donné confiance pour la suite. C’était un mal pour un bien. Quand on voit que les Italiens médaillés aux JO ne sont plus là, comme les Américains… On est fiers de pouvoir parler de demi-finales.

Regrettez-vous la formule un peu absconse de cette compétition qui empêche de mesurer la portée de vos performances?

La compétition est un peu longue, c’est vrai, mais le côté positif, c’est qu’on est sûr que le champion du monde aura mérité son titre, parce que c’est dur psychologiquement de tenir aussi longtemps. En plus c’est un avantage pour nous, qui faisons partie des équipes les plus régulières. On est passé à côté d’aucun match, à peine d’une moitié de match, donc on mérite d’être là.

Qu’est-ce qui fait la réussite des Bleus en Pologne?

Disons que les adversaires sont fatigués par avance de jouer contre nous. On est très forts en défense et sur le jeu de mains. Le ballon revient toujours et on mise beaucoup sur les contre-attaques quand on a renversé un point. Au début de la compétition, notre style plaisait pas mal. Je me souviens de spectateurs qui se levaient après des belles défenses. Mais depuis qu’on s’est mis à gagner, il y a beaucoup moins d’enthousiasme autour de nous (rires).

Après douze ans sous la direction de Philippe Blain, l’équipe de France a changé de staff l’an passé. Ce résultat est-il le fruit de ce bouleversement?

Je crois qu’il fallait changer un peu. Philippe a une super expertise reconnue à l’étranger, d’ailleurs il entraîne la Pologne maintenant, mais c’est bien d’amener du sang neuf de temps en temps. Laurent [Tillie] a apporté beaucoup de nouveautés, il a mis en place un projet pour Rio avec des jeunes joueurs, et ça marche pas mal.

Une qualification pour les JO, c’est l’objectif de votre génération?

On rêve tous de jouer cette compétition, mais le niveau moyen est tellement élevé. La Russie et le Brésil sont un peu au-dessus, mais derrière il y a beaucoup d’équipes qui peuvent faire une médaille. Regardez, ces mondiaux ne donnent même pas de sésame olympique. Et il n’y aura sans doute que quatre équipes européennes à Rio. C’est extrêmement compliqué de se qualifier.