Des scientifiques modélisent le jeu «unique» du FC Barcelone

SCIENCES Le fameux «tiki-taka» suit un schéma de passes bien particulier...

Philippe Berry

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Le joueur du FC Barcelona, Andres Iniesta, en novembre 2013.
Le joueur du FC Barcelona, Andres Iniesta, en novembre 2013. — L.GENE/AFP

Oubliez le 4-4-2 ou le le 4-3-3. Des informaticiens ont modélisé (PDF) les tactiques les plus employées dans le foot moderne, non pas en observant la position des joueurs sur le terrain mais en classifiant le jeu de passes des équipes des grands championnats européens (saison 2012-2013). Leur conclusion? Tout le monde joue plus ou moins pareil. A l'exception de Barcelone et, dans une moindre mesure, de la Juve, du Milan A.C., du Torino et... de Lille.

Laszlo Gyarmati, du Qatar Computing Research Institute, et ses collègues, ont examiné cinq séquences de passes: ABAB, ABAC, ABCA, ABCB, et ABCD, où A, B, C et D désignent des joueurs différents. Globalement, toutes les équipes ont recours à la même proportion d'enchaînements. La seule qui se distingue avec un style «unique» est le FC Barcelone, qui utilise plus de ABAC, ABCB et ABAB, et beaucoup moins de ABCD et ABCA.

Traduction, pour le commun des mortels: «Barcelone emploie davantage de structures complexes avec des passes aller/retour plus fréquentes». Le «tiki-taka» catalan oblige les deux joueurs qui ont initié la séquence (souvent Xavi et Iniesta) à se rendre disponibles pour retoucher le ballon ensuite (ABA, BCB).

Dans l'étude, Gyarmati ne se penche pas encore sur l'efficacité d'un modèle sur l'autre. Il relève par exemple que le Torino (moins de ABCA ) a évité de justesse la relégation alors que le style a mieux réussi à Lille, au Milan A.C. Ou à la Juventus. L'informaticien estime cependant que l'analyse quantitative, largement utilisée dans le basket, le hockey ou le baseball, pourrait moderniser le football et permettre d'optimiser le recrutement. Forcément, avec Messi, c'est plus facile.