En guerre avec ses dirigeants, Marcelo Bielsa peut-il toujours réussir à l'OM?

FOOTBALL Le technicien argentin reste concentré sur le sportif après avoir critiqué de manière brutale Vincent Labrune, le président olympien, jeudi...

Camille Belsoeur

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Marcelo Bielsa au Stade Vélodrome, le 29 août 2014
Marcelo Bielsa au Stade Vélodrome, le 29 août 2014 — BERTRAND LANGLOIS / AFP

Dans le monde du football, un entraîneur qui bafoue l’autorité de son président et dénonce sa politique de recrutement peut-il rester longtemps en poste? Si la question pourrait faire l’objet d’une dissertation pour étudiants en management sportif, elle est tellement brûlante à l’OM après les très vives critiques lancées par Marcelo Bielsa à son président Vincent Labrune jeudi lors d’une conférence de presse, que l’équation posée exige des réponses immédiates.

Marcelo Bielsa, surnommé «El Loco» (le fou), a en effet allumé un feu du côté de la Commanderie, là où la moindre étincelle se transforme souvent en incendie. Vincent Labrune a confié, dans une interview donnée dimanche au JDD, «réfléchir» à d’éventuelles sanctions à l’encontre de son entraîneur. Mais sur le long terme, le président olympien peut-il conserver son entraîneur, dont il a tant vanté médiatiquement la venue en juin dernier, si celui-ci critique régulièrement la politique du club?

«Il peut claquer la porte du jour au lendemain» 

«Bielsa est un sanguin, on le sait, ça fait partie du personnage, confie Jean-Marc Ferreri, ex-joueur de l’OM. Son surnom «El Loco» ne vient pas de nulle part. Mais Vincent Labrune savait tout ça en recrutant Bielsa et il s’attendait sûrement à des sorties dans ce genre.» D'ailleurs, l’entraîneur argentin ne froisse pas seulement son président. Depuis sa prise de fonction, Marcelo Bielsa s’est mis plusieurs joueurs à dos en écartant sans ménagement certains anciens du vestiaire, comme Benoît Cheyrou, et une partie des salariés du club ne supportent pas son autoritarisme.

Pour Jean-Marc Ferreri, «Vincent Labrune a l’habitude de gérer des situations de crises à l’OM. Il a su gérer l’antagonisme entre José Anigo et Didier Deschamps et le club a obtenu de bons résultats lors de cette période.» Mais avec «El Loco» , le challenge s’annonce presque plus compliqué pour Labrune. «Bielsa est tellement imprévisible qu’il peut claquer la porte du jour au lendemain, glisse un proche du club. Il ne supporte pas la moindre contrariété et sa relation avec Labrune est déjà très difficile. Il demeure obnubilé par le sportif, et ses premiers résultats montrent qu'un conflit avec ses dirigeants n'influe pas sur son travail.» D'ailleurs lors du match amical face à Arles-Avignon vendredi (2-0 pour l'OM), Marcelo Bielsa n'a rien laissé paraître de son clash avec Labrune.

Sur le terrain, le meilleur est donc possible à Marseille avec Marcelo Bielsa. Et un scénario avec de très bons résultats sportifs et une guerre interne au sein du club ne semble pas impossible. Sur le long terme, cela paraît en revanche bien plus compliqué.