Le foot est en danger

DOPAGE Robert Duverne, le préparateur physique de l'équipe de France tire la sonnette d'alarme...

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«On fonce dans le mur.» En une phrase, Robert Duverne résume son inquiétude. Dans un entretien au «Monde», le préparateur physique de l'Olympique lyonnais et de l'équipe de France de football met les pieds dans le plat du dopage.

Celui que toute la France a admiré pour avoir réussi à transformer des vieillards en pré-retraite en finalistes de la dernière Coupe du monde, explique: «On fonce dans un mur. On met le foot en danger. Si on ne peut plus répondre au rythme infernal des compétitions par l'entraînement et la récupération, le risque est de faire appel au dopage». Et d'insister: «le foot s'expose au phénomène qu'a connu le Tour de France: trois ou quatre cols par jour, et un contre-la-montre de 60 km pour finir».

«Ce sont les droits télé qui aujourd'hui organisent les compétitions»

Selon Duverne, «il est urgent de se pencher sur les plannings des compétitions afin de tenir compte de l'organisme des sportifs, affirme Robert Duverne. Le temps de l'entraînement et de la récupération ne sont plus respectés». Une situation qui ne semble pas près de cesser. «Ce sont les droits télé qui aujourd'hui organisent les compétitions. Chaque chaîne qui achète les retransmissions d'une compétition veut son jour de diffusion. La saison prochaine, les équipes françaises qui participeront à la Coupe de l'UEFA joueront le jeudi. Et le samedi en championnat de France, soit 48 heures plus tard. Les entraîneurs, les préparateurs physiques, les médecins sportifs, les formateurs du football ont-ils été consultés pour cette décision? Non.»

Tout en estimant que le dopage «n'est pas généralisé» dans le foot, il appelle à «une vraie trêve d'hiver et une réforme des compétitions». Un des chantiers prioritaires du nouveau président de l'Uefa, Michel Platini, qui avait fait de ce thème l'une de ses promesses de campagne.