Coupe d’Europe: Quelles solutions pour sauver l’indice UEFA de la France?

FOOTBALL Alors que le championnat russe est passé devant la Ligue 1 après l’élimination de Lille en barrage de C1…

Julien Laloye

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Bayal Sall au parc des Princes, le 16 mars 2014.
Bayal Sall au parc des Princes, le 16 mars 2014. — JEFFROY GUY/SIPA

Les miracles existent, personne ne dira le contraire. Ainsi, une équipe de Saint-Etienne dans la forme de sa vie pourrait réaliser l’exploit d’éliminer le 7e du dernier championnat turc à Geoffroy-Guichard, et l’OL retourner la situation en Roumanie avec son équipe D, jeudi. Il n’empêche, après l’élimination de Lille en barrage de C1, la France n’a jamais été aussi mal classée à l’indice UEFA depuis 25 ans. Dépassée par le championnat russe, la L1 risque de perdre une place en Ligue des champions à la fin de saison 2015/2016. 20 Minutes s’est penché sur les pistes qui pourraient permettre d’éviter le drame.

Inventer une prime à la Ligue Europa

La distorsion économique entre réussir en C3 et faire honte à son pays en C1 n’a jamais été aussi criante que la saison passée. Pendant que l’OM récoltait 23,8 millions d’euros de l’UEFA pour son brillant parcours en phase de poule de Ligue des champions (zéro points), l’OL facturait à peine 13,2 millions pour un résultat d’une autre allure en Ligue Europa (quart de finale). Le compte est vite fait, alors même que Lyon a ramené 17 points à la France à l’indice UEFA, contre seulement 4 à l’OM. Conscient de la nécessité d’un rééquilibrage, Frédéric Thiriez a proposé dans son fameux projet Delta - resté lettre morte - de récompenser les bons élèves européens en leur versant un bonus financier  directement prélevé sur les droits TV. Ce serait la mesure la plus facile à mettre en place.

Alléger le calendrier de la Ligue 1

Hubert Fournier a déploré la semaine dernière que Lyon soit obligé de jouer le dimanche à 14h après un match de Coupe d’Europe le jeudi. Il a le droit de penser que sa défense aurait été un peu moins cataclysmique si elle avait eu jusqu’au lundi soir pour se reposer, comme c’est le cas en Espagne, en Italie, et parfois en Angleterre, pour les clubs engagés en Ligue Europa. Ce n’est pas pour rien que Jean-Michel Aulas, son président, est favorable à un retour de la L1 à 18 clubs. «L’an passé, l’OL a joué 61 matchs, c’est trop, jugeait JMA cet été dans France Football. C’est indispensable afin de pouvoir mieux gérer les calendriers et augmenter le niveau.» Cela ferait également une plus grande part du gâteau financier à se partager.

Adopter les mêmes règles que les autres

Les décideurs du foot français se plaignent au moins autant du manque de compétitivité de la L1 que le Medef des charges qui pèsent sur les entreprises français. Cela dit, le championnat de France ne se bat pas avec les mêmes armes que ses concurrents. Le gendarme de la DNCG, n’existe nulle part ailleurs, pas plus que la taxe à 75%, qui avait failli pousser la L1 à la grève la saison passée: «Le problème de cette taxe, c’est que ce ne ce ne sont pas les personnes qui ont l’argent qui paieront, mais leurs employeurs, pour la plupart en déficit» pointait Frédéric Thiriez. l’OM, par exemple, n’a pas dû être ravi de sortir 9 millions d’euros du porte-monnaie l’an passé. Et si le PSG a d’autres moyens, «offrir» 50 millions au fisc au moment de l’entrée en vigueur du fair-play financier, n’aide pas non plus à se renforcer.

Demander à l’UEFA de changer la répartition des qualifiés

Si  Guingamp, en tant que vainqueur de la Coupe de France, est qualifié directement pour la Ligue Europa, et pas Saint-Etienne, pourtant quatrième de L1, ce n’est pas du fait de la Ligue, mais de l’UEFA. En revanche, chaque fédération peut procéder à une requête officielle auprès de l’institution européenne pour modifier certaines règles. La Commission des compétitions interclubs de l'UEFA a ainsi accepté en  2013 de redonner une place en Ligue Europa par le biais du championnat plutôt qu’au finaliste de la Coupe nationale si le vainqueur –par exemple le PSG- était déjà qualifié pour la Ligue des champions. La France, si elle trouvait assez d’alliés, pourrait ainsi tenter de promouvoir la Coupe de la Ligue –fini les tours préliminaires pour le vainqueur- ou le championnat, en qualifiant directement le quatrième.