Luzenac: L’épilogue de l’interminable feuilleton approche

FOOTBALL Le club ariégeois pourrait savoir lundi ou mardi s’il est admis en Ligue 2…

Nicolas Stival

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Fabien Barthez, Christophe Pélissié et Jérôme Ducros, respectivement directeur général, entraîneur et président de Luzenac.
Fabien Barthez, Christophe Pélissié et Jérôme Ducros, respectivement directeur général, entraîneur et président de Luzenac. — G. Collet / Sipa

Voici plus de quatre mois que le Luzenac Ariège Pyrénées, deuxième du dernier National, a assuré sa promotion sportive en Ligue 2. Mais à ce jour, le club issu d’un village de 650 habitants n’évolue dans aucun championnat. Cet interminable feuilleton devrait enfin connaître son épilogue en ce début de semaine.

Un lundi crucial

Le conseil d’administration de la Ligue de football professionnel (LFP) se réunit ce lundi pour statuer, une nouvelle fois, sur le dossier de Luzenac. Vendredi, le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) a rendu un avis favorable à la montée du club en L2. Mais celui-ci n’est que consultatif. Si la LFP refuse de nouveau l’accession du LAP, le tribunal administratif de Toulouse étudiera le dossier ce mardi et rendra une décision dans les plus brefs délais.

Un dossier qui traîne en longueur

Promu sportivement en L2 au soir d’une victoire sur Boulogne-sur-Mer (1-0), le 18 avril, le conte de fées du Petit Poucet a tourné au cauchemar juridique depuis le 5 juin. Ce jour-là, le LAP se voyait refuser l’accession en Ligue 2 après son passage devant la DNCG, pour des raisons financières. Après deux mois de recours, via le CNOSF et le tribunal administratif, la commission d’appel de la DNCG donnait un avis favorable à la montée du club, le 7 août. Mais dès le lendemain, la LFP douchait les espoirs ariégeois, en indiquant que le club ne disposait «pas d’un stade répondant aux normes réglementaires de sécurité». Les dirigeants de Luzenac, le président Jérôme Ducros en tête, reprenaient le combat juridique

Où Luzenac doit-il évoluer s’il est admis en L2?

Depuis novembre 2012, le club a quitté l’antique stade Paul-Fédou pour Foix. L’enceinte de la préfecture ariégeoise étant inadaptée pour la Ligue 2, le LAP a jeté son dévolu sur le stade Ernest-Wallon des rugbymen du Stade Toulousain.

Après le refus de la LFP du 9 août, la mairie de Toulouse a proposé de mettre le Stadium, où évolue le TFC, à disposition de Luzenac, le temps que des travaux soient effectués pour mettre les installations d’Ernest-Wallon aux normes exigées par les patrons du foot professionnel. Dernier rebondissement en date: les «Amis du Stade Toulousain», association propriétaire d’Ernest-Wallon, ont indiqué vendredi qu’ils ne voulaient pas signer de convention en L2 tant que la montée de Luzenac n’était pas actée.

Une affaire qui fait parler jusqu’aux Etats-Unis

Même la presse américaine s’est fait l’écho du combat du «David» descendu des montagnes pyrénéennes contre le «Goliath» parisien. La communication souvent hasardeuse de la LFP, son président Frédéric Thiriez en tête, a déchaîné les passions. De nombreux fans de foot, pas seulement ariégeois, sont convaincus que la Ligue multiplie les obstacles pour empêcher le «petit» Luzenac de rejoindre le monde professionnel. Par ailleurs, Thierry Braillard, secrétaire d’Etat aux sports, a plaidé pour une Ligue 2 avec le LAP, même si «la décision n’appartient pas au ministre», a-t-il reconnu.

Encore des problèmes à résoudre

Si le LAP monte enfin en L2, il faudra résoudre le casse-tête d’un calendrier à 21 clubs, alors que quatre journées de championnat ont déjà eu lieu. Sans oublier le problème de la répartition des droits télé. Quoi qu’il en soit, le président Jérôme Ducros et son directeur général Fabien Barthez l’assurent depuis le début du feuilleton: pour Luzenac, ce sera la Ligue 2 ou la fin du club. Pas question pour eux de réintégrer le championnat du National.