Ligue 1/PSG: Qu’est-ce qui a changé chez Javier Pastore?

FOOTBALL Le milieu parisien est le meilleur joueur de son équipe depuis le début de saison…

Julien Laloye
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Javier Pastore à l'oeuvre contre Bastia, le 16 août 2014 au Parc des Princes
Javier Pastore à l'oeuvre contre Bastia, le 16 août 2014 au Parc des Princes — JEFFROY GUY/SIPA

Trois bons matchs d’affilée. A l’échelle de Javier Pastore, c’est astronomique. De mémoire de suiveur, la série est presque inédite depuis le premier mois du milieu argentin à Paris, quand la L1 découvrait ce joueur dégingandé, capable de faire des différences prodigieuses balle au pied. La tendresse qu’on ressent pour le garçon vient de là, d’ailleurs. Elle a résisté au temps, aux rentrées anonymes, aux passes dans le vide, et aux replacements défensifs aussi convaincants qu’un discours de Michel Sapin sur l’inversion de la courbe du chômage.

«J’ai besoin de sentir la confiance de mes coéquipiers»

Même Laurent Blanc, qui ne comptait presque plus sur lui l’an passé, en parle avec des étoiles dans les yeux: «Je suis content, j’apprécie ce joueur. Le talent est là, on le sait, le souci c’est quand il n’en donne pas la plénitude. Il a progressé mentalement, même si j’aimerais qu’il soit plus solide sur ce plan.» Pastore en convient lui-même, c’est une petite nature. «La saison passée, je me sentais mal parce que je n’arrivais pas à trouver mon poste sur le terrain. J’ai besoin de sentir la confiance du coach et de mes coéquipiers. Aujourd’hui, je sens que c’est le cas de tout le monde, j’espère leur rendre pendant longtemps.»



Ça a bien commencé avec deux passes décisives contre Reims, un dribble à vous soulever les poils du dos face à Bastia et surtout une constance louable sur une heure et demie. De là à penser que l’Argentin aurait découvert l’œil du tigre pendant ses vacances, il y a un (long) pas que Laurent Blanc refuse de franchir, quand on lui demande ce qu’il va faire de son plus brillant intermittent du spectacle quand Cabaye, et surtout Matuidi, achèveront leur remise à niveau physique. «Qu’il soit bon quand il joue, ça nous rendra heureux. Sa meilleure position vous la connaissez. C’est quand il est dans l’axe derrière les attaquants, même s’il redescend un peu trop pour toucher des ballons et prendre confiance.»

«Ici j’ai joué partout, ça ne m’a pas aidé à m’installer»

L’absence provisoire d’Ibrahimovic offre deux occasions (Evian et Saint-Etienne) à Pastore de s’imposer dans ce trio d’attaque, où Lavezzi et Lucas ne se sont pas montrés plus indispensables que ça pour l’instant. Sinon, il faudra aller voir du côté de l’autre triangle, celui du milieu de terrain. L’intéressé est partant. «J’aime beaucoup jouer avec Thiago Motta et Verratti. Ils ont de grandes qualités, on fonctionne très bien tous les trois. Ici, j’ai joué un peu partout, attaquant, deuxième attaquant, milieu. Ça ne m’a pas aidé à m’installer.» Pas plus que l’arrivée potentielle d’un Di Maria, qui fait tout mieux que Pastore. Mais c’est déjà un petit exploit pour l’ancien palermitain d’avoir réussi à soulever le débat.