Pourquoi la sauce Bielsa tarde à prendre à Marseille

FOOTBALL Après sa défaite face à Montpellier dimanche (0-2), l'OM ne réalise pas le début de saison rêvé, avec seulement un point au compteur...

Camille Belsoeur, à Marseille

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Marcelo Bielsa le 2 août 2014.
Marcelo Bielsa le 2 août 2014. — BERTRAND LANGLOIS / AFP

L'effet Bielsa, que toute une ville attendait, n'est pour le moment pas celui escompté à Marseille. Dans un Vélodrome flambant neuf et pour la première fois à guichet fermé depuis longtemps (53 000 spectateurs sur 67 000 places pour des raisons de sécurité), l'OM s'est pourtant pris les pieds dans le tapis montpelliérain dimanche (0-2). Avec seulement un point pris en deux journées, le club de Vincent Labrune se retrouve déjà dans l'obligation de faire un résultat à Guingamp le week-end prochain pour ne se faire distancer dans la course à l'Europe. Mais sur le terrain, au-delà même des résultats, la méthode Bielsa semble avoir du mal à prendre en L1 après une bonne campagne de préparation (4 victoires, 1 nul). Explication.

Les joueurs sont déjà fatigués 

Après le match nul obtenu en Corse face à Bastia (3-3) où l'OM avait dilapidé deux buts d'avance dans la dernière demi-heure, Marcelo Bielsa s'était excusé de ne pas avoir écouté ses joueurs qui s'étaient plaints de la surchage d'entraînement dans les jours précédents le match. Un discours qui est revenu dans les bouches après la défaite face à Montpellier. «On a beaucoup donné pendant la phase de préparation, expliquait Romain Alessandrini à la sortie du vestiaire, et je savais qu’on allait le payer à un moment ou un autre. On puise dans nos réserves et on manque ensuite de lucidité dans les dernières passes.» Marcelo Bielsa va peut-être devoir alléger son programme d'entraînement d'ici les prochaines rencontres. 

Un système de jeu critiqué

L'entraîneur argentin privilégie un système de jeu basé sur la possession et la rapidité de transmission. Organisé dans un 3-3-3-1 en début de match face à Montpellier, son équipe a semblé brouillonne face à au club de l'Hérault. Au milieu de terrain, seul Imbula a surnagé. Et devant la prestation de son équipe, «El Loco» a changé deux fois de système en cours de rencontre. Trop ? «L'équipe a paru désorganisé, analyse Marc Libbra, consultant pour L'Equipe 21 et ancien olympien. Derrière, la défense à trois n'est pas fiable du tout, les gars semblaient perdu sur le terrain.» Résultat, sur chaque contre-attaque les Montpelliérains ont inquiété la défense marseillaise, au milieu de laquelle Anthony Mounier s'est régalé comme une souris devant une assiette de gruyère. 

Un mercato qui ne tourne pas rond

Dans ce mercato estival, Marseille semble se déplumer derrière et empiler les joueurs offensifs devant. Sans logique apparente. «Cette semaine les dirigeants recrutent Barrada, un nouveau milieu offensif alors qu'il y a déjà trop de monde devant, s'étonne Marc Libbra. C'est pourtant derrière que l'OM a besoin de renforts. On laisse partir Diawara libre à Nice, et on vend Lucas Mendes sans les remplacer. On voit bien que Bielsa n'a pas la main sur le mercato, c'est Vincent Labrune qui tire les ficelles», ajoute le consultant.

En conférence de presse d'après-match, Marcelo Bielsa n'a pas voulu mettre de l'huile sur le feu tout en faisant bien comprendre son souhait de renforcer l'équipe derrière. «Quand les résultats ne sont pas bons, j'évite d'avancer des explications même si elles peuvent être fondées car elles pourraient être mal interprétées. J'avais déjà expliqué mon point de vue sur la composition de l'équipe avant le match.» A Marseille, le ciel est déjà chargé en cette fin d'été.