Coupe du monde féminine de rugby: «C'est à la fédé de capitaliser sur le succès du Mondial»

VOS RÉACTIONS Des records d'audience, le stade Jean Bouin complet, la France a découvert le rugby féminin. Et maintenant?...

Christine Laemmel

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Les joueuses du XV de France le 17 août 2014
Les joueuses du XV de France le 17 août 2014 — KENZO TRIBOUILLARD / AFP

«J’ai trouvé l’ambiance dingue». Même à 45 minutes de Paris, assis sur la pelouse des gradins improvisés du stade de Marcoussis, Marion, demi de mêlée et supportrice du XV de France, a été bluffée par l’engouement autour des Bleues. En plus de sa mère, enfin décidée à l’accompagner, la joueuse est même tombée, sur son ancien prof d’EPS. Passé d’une forte réticence «aux sports masculins pratiqués par des femmes», à, 15 ans plus tard, «le rugby, c’est génial». Pas étonnant quand on sait que la demi-finale a réuni plus de deux millions de téléspectateurs, le meilleur score en prime d’une chaîne de TNT cette année.

Et maintenant? Alors que le Mondial s’est achevé ce dimanche, la ferveur autour du rugby féminin va-t-elle retomber comme un soufflé? Des fans, joueurs et entraineurs, internautes de 20 Minutes, nous répondent.

Une «cause perdue»

«Après la force de caractère dont les joueuses ont fait preuve, faudrait pas les oublier, mais je crains que…». Philippe ne termine pas sa phrase mais le ton de sa voix qui s’estompe résume l’avenir qu’il prédit aux Bleues. L’ancien entraineur de volley féminin aime «les causes perdues», il le dit lui-même. Manu, supporter alsacien, est encore plus catégorique. Inquiet de «la survie de leur sport.» Sauf si d’autres acteurs prennent le relais. Les médias, souffle Philippe, qui se fait VRP du rugby féminin: «Ce sont des filles disponibles et abordables, de vraies sportives, il faut les soutenir.»

Mais surtout, la fédération française de rugby. «Ça va être à elle de capitaliser sur ce Mondial.», enchaîne-t-il. En apportant une aide logistique, «les joueuses n’ont pas de bus super luxueux», note-t-il, ou en intégrant des femmes dans ses rangs, propose Marion. «De toute façon, c’est compliqué d’être une femme dans un monde d’hommes», pose-t-elle comme le principal constat de sa carrière de joueuse.

«On a qu’une envie, c’est taper du poing sur la table»

Après une année difficile pour son club de rugby à 15, forcé de jouer avec des équipes de rugby à 7, la demi de mêlée et ses coéquipières n’ont «qu’une envie, c’est taper du poing sur la table». Eviter que leur discipline soit bottée en touche par le rugby à 7, qui fera son retour aux Jeux olympiques à Rio en 2016. «Je pense que le Mondial va apporter de nouvelles licenciées, mais on a peur que ça bouge dans trois ans, quand les Jeux seront passés par là.»

Avant Rio, les supporters auront tout le loisir de zapper l’Ovalie féminine. Avec le prochain Roland Garros, le Tour de France ou l’Euro de football 2016, en France. «À ce sujet tout le monde sait où aura lieu l’Euro, la prochaine Coupe du monde également, même les JO, suppose Cyril, expatrié à Québec (Canada), la ville de Magali Harvey. Mais où et quand aura lieu le prochain Mondial de rugby féminin?».