Tour de France 2014: Jean-Christophe Péraud, itinéraire d'un dauphin

CYCLISME Le leader d'AG2R La Mondiale devrait finir à la deuxième place du Tour...

Romain Baheux

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Le français Jean-Christophe Péraud le 22 juillet 2014.
Le français Jean-Christophe Péraud le 22 juillet 2014. — LIONEL BONAVENTURE / AFP

Il y a six ans, Jean-Christophe Péraud remportait l’argent olympique en VTT dans le sillage d’une légende de son sport, Julien Absalon. Dimanche, le leader d’AG2R La Mondiale va, sauf incident, monter sur la deuxième marche du podium du Tour de France, à 37 ans. Trois témoins de sa reconversion racontent sa mutation.

Steve Guilleminot, directeur sportif du Creusot Cyclisme où il a couru en amateurs de 2006 à 2009

«C’est un mec qui fonctionne à l’affectif. Quand on l’a accueilli en 2006, il aurait pu aller dans des équipes plus importantes mais il a voulu une petite structure familiale comme la nôtre. Au Creusot, il travaillait chez Areva, s’entraînait en VTT et venait faire quelques courses avec nous quand son calendrier lui permettait. Au début, il attaquait dans tous les sens et finissait comme il pouvait. En contre-la-montre, c’était un phénomène à suivre. Quand il prenait un virage, vous vous demandiez si vous alliez le revoir sur la route à la sortie. C’était un coureur fougueux, il a appris à se canaliser et s’est bien calmé depuis. Il est puissant, il a une endurance exceptionnelle et il grimpe bien. C’est un mec hors-norme.»

Mickael Bouget, son entraîneur depuis 2006

«Comme beaucoup de cyclistes, il avait ce rêve de gamin de courir un jour le Tour de France. Sa qualité majeure, c’est sa capacité à aller puiser au fond de lui malgré la douleur. Jeudi dans la montée vers Hautacam, il est allé très loin dans la souffrance pour s’accrocher aux meilleurs. A l’entraînement, il a un côté assez perfectionniste et attend la même exigence des gens qui l’entourent. Il ne se contente pas d’appliquer des programmes d’entraînement, il échange avec vous pour améliorer les choses. Sa seule faiblesse c’est qu’il ne sprinte pas mais quand tu vises le général sur le Tour de France, ça n’est pas grave. Sa fin de carrière? Il a déjà prolongé son contrat avec AG2R pour deux ans et il faut aussi voir qu’il n’a que cinq ans de carrière chez les pros, ça n’est pas très vieux.»

Julien Jurdie, directeur sportif d’AG2R La Mondiale

«Quand il avait été champion de France de contre-la-montre en 2009, on avait déjà essayé de le recruter. En 2011, quand on le fait venir, on était loin d’être les seuls sur le coup et on s’est battu pour l’avoir. On savait qu’il avait un gros moteur et on l’avait pris pour qu’il devienne un leader sur les courses à étapes et les Grands Tours. Au début, son intégration était un peu compliquée. Issu du VTT, il avait du mal à se faire à la vie d’une équipe, il se renfermait sur lui-même et il se disait que ses équipiers et le staff ne servaient pas à grand-chose. Il a bien évolué. Je ne le voyais pas capable de finir sur un podium d’un Grand Tour mais plutôt de s’approcher d’un top 5. Là, les circonstances, avec l’abandon de Froome et de Contador, aident mais il a démontré pendant l’épreuve qu’il méritait cette place.»