Coupe du monde 2014: Messi peut-il surpasser Maradona dans le cœur des Argentins?

FOOTBALL S’il remporte la finale…

B.V. à Rio

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Messi après la victoire face aux Pays-Bas, le 9 juillet 2014
Messi après la victoire face aux Pays-Bas, le 9 juillet 2014 — 31301087_1_kyodowc1/NEWSCOM/SIPA

De notre envoyé spécial à Rio de Janeiro (Brésil),

Tous les deux, ils sont argentins. Tous les deux, ils font partie des meilleurs joueurs de l’histoire. Tous les deux, ils auront marqué leur génération. Mais ils n’ont pas encore le même palmarès. Dimanche soir, Lionel Messi peut apporter à l’Argentine une Coupe du monde en battant l’Allemagne, comme Maradona l’avait fait en 1986. Sans cesse comparé à son prédécesseur depuis qu’il a révélé son talent au monde, la «Pulga» a l’occasion de sa vie pour sortir enfin de l’ombre envahissante du «Pibe de Oro».

«Dans le concept de meilleur joueur du monde, il peut devenir son égal, estime le défenseur argentin Nestor Fabbri, ancien nantais. Gagner une Coupe du monde, c’est très difficile, et si Messi y arrive après tous les titres qu’il a gagnés en Europe, il sera sans doute adulé comme Maradona.» Surtout qu’à son instar, «il a joué le rôle de sauveur plusieurs fois dans cette Coupe du monde». Façon Maradona contre l’Angleterre en 1986, Messi a gagné des matchs à lui tout seul, notamment face au Nigeria ou à l’Iran, et inscrit 4 buts.

Fabbri: «Le chef de l’équipe, c’est Mascherano»

De là à prendre sa place dans le cœur des supporters argentins, il y a encore du chemin. Dieu reste Dieu, même avec une addiction à la cocaïne et un passage catastrophique comme sélectionneur de l’Albiceleste. «Messi ne prendra jamais le dessus sur Maradona, coupe d’ailleurs Hector Enrique, milieu de l’Argentine 86 et sélectionneur adjoint en 2010. Même s’il gagne trois Coupes du monde de suite ou qu’il marque d’un retourné du milieu de terrain. Je l’adore mais il n’y aura plus jamais d’autre Maradona».

Un sentiment partagé par Marcelo, supporter argentin croisé dans les rues de Sao Paulo. «On n’a qu’un premier amour, explique-t-il. Et puis le personnage de Messi est trop lisse, trop doux. Maradona, il avait plus de caractère, il dégageait quelque chose de plus, ce n’était pas qu’un grand joueur de foot.» Un déficit d’image que Fabbri confirme: «Maradona était le patron et capitaine en 86, tout tournait autour de lui, raconte celui qui a joué une Coupe du monde avec lui, quatre ans plus tard. Aujourd’hui, Messi est le meilleur joueur, mais il n’est pas le chef de l’équipe. C’est Mascherano.»