Brésil-Allemagne: Comment le ciel est tombé sur la tête de la Seleçao

FOOTBALL Balayée (1-7) par la Mannschaft...

B.V.
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La défense brésilienne abattue lors de la demi-finale contre l'Allemagne le 8 juillet 2014.
La défense brésilienne abattue lors de la demi-finale contre l'Allemagne le 8 juillet 2014. — Andre Penner/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Belo Horizonte,

Peu importe ce qu’il se passera dimanche soir à Rio, lors de la finale: de cette Coupe du monde, on ne retiendra rien d’autre. Dans 50 ans, les livres d’Histoire ne parleront que de «l’humiliation du siècle», du «tremblement de terre de Belo Horizonte», de cette soirée où le Brésil a implosé dans sa propre Coupe du monde (1-7), de ces 90 minutes où l’Allemagne a détruit sans la moindre compassion le rêve de tout un peuple.

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Comme sidéré, éberlué, il a regardé le ciel tomber sur la tête de son équipe. L’absence du délicieux Neymar, blessé, peut éventuellement expliquer la faiblesse technique de la Seleçao, elle ne justifie certainement pas à elle seule un tel cataclysme. La gifle est de toute façon bien trop violente pour être excusée, et encore moins pardonnée. Les semaines à venir vont être terribles pour ceux qui étaient considérés jusqu’à ce 8 juillet comme des dieux vivants. Hier soir, ils étaient plus en face.

Standing-ovation pour l’Allemagne

Cette équipe d’Allemagne, on la disait moins flamboyante mais plus complète. Elle en a fait hier soir une démonstration hallucinante. Avant même la demi-heure de jeu, elle déjà avait marqué cinq fois, dont une fois par Klose, nouveau seul meilleur buteur dans l’histoire de la Coupe du monde. Sur corner, par des actions construites, après des ballons récupérés au pressing, le Mannschaft aura tout fait… On n’ira pas jusqu’à dire comme à l’entraînement, ce serait manquer de respect aux plots de la Fédération allemande, probablement plus efficaces que la défense brésilienne mardi soir.

Au bout du septième, une frappe sublime de Schürrle dans la lucarne, l’impensable a tourné au surréaliste. Debout pour applaudir l’adversaire, le si chauvin public brésilien a ponctué par des «Olé» chacune des passes allemandes pendant cinq minutes. L’affront ultime. Le Brésil voulait grâce à cette Coupe du monde effacer le douloureux souvenir du «Maracanazo», cette défaite face à l’Uruguay qui l’avait privé du titre lors du dernier Mondial organisé chez lui, en 1950. Ce traumatisme ne le hante désormais plus. Il a laissé la place à un nouveau, bien plus profond.