Coupe du monde 2014: Louis Van Gaal est-il vraiment si méchant?

FOOTBALL Le sélectionneur des Pays-Bas est un peu plus qu’un homme à la poigne de fer…

Antoine Maes

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Louis Van Gaal, le sélectionneur des Pays-Bas, le 4 juillet 2014 à Salvador.
Louis Van Gaal, le sélectionneur des Pays-Bas, le 4 juillet 2014 à Salvador. — DAMIEN MEYER / AFP

De notre envoyé spécial à São Paulo

De lui, Christophe Dugarry a un jour dit qu’il était «puant et pédant». Laurent Blanc l’a déjà estimé «inhumain». En fouillant le profil de Louis Van Gaal, vous ne trouverez pas grand monde pour sauver l’aspect humain du sélectionneur des Pays-Bas, qui affrontent l’Argentine ce mercredi en demi-finale du Mondial. Van Gaal le tyran. Van Gaal le tortionnaire. Van Gaal le persécuteur. On en est au point où on se demande si le natif d’Amsterdam ne mange pas des nourrissons au petit-déjeuner.

Le Belge Daniel Van Buyten, qui a bien connu le Batave au Bayern Munich, ne nie pas l’évidence: «C’est un peu un général, c’est comme ça. Il donne des ordres, tu dois faire ce qu’il te dit. Et si tu ne le fais pas, tu es mis sur le côté». Mais il n’est pas que ça, promet l’ancien Marseillais. «Il a aussi un côté que les gens ne voient pas directement. On dit que c’est un froid, tout ça… Mais moi j’ai pu apprendre à connaître la personne. C’est quelqu’un d’humainement très sensible.»

«Je conseille donc fortement aux parents de laisser les enfants regarder le match»

Dommage pour nous, le Belge n’a pas voulu s’étaler: «Je n’en dirai pas trop, parce que ce sont des choses qui se sont passées entre nous et que je garde pour moi». Ce qui est certain, c’est que son management au Brésil n’est pas si autoritaire qu’on veut bien le croire. Van Gaal a autorisé la présence des familles après chaque match, et a même fait le forcing pour que ses joueurs bénéficient d’un wifi convenable.

D’une manière plus générale, on ne manage pas sans casse les égos XXL des Néerlandais sans un minimum de tact. Et Manchester United ne vient pas vous chercher si vous n’êtes qu’un gardien de prison frustré. Surtout si vous-même avez décidé d’exercer avec un peu plus de modestie. Le Van Gaal de 2009 assure: «je suis le meilleur». Celui de 2014 assuré que «l’impact du coach à des limites. A la fin, ce sont les joueurs qui jouent, et c’est la place la plus dure».

Il a même eu un mot pour les gamins du pays, que l’horaire tardif priverait d’une soirée télé d’exception. «J’autoriserai toujours mes enfants à regarder ce genre match. La plupart sont en vacances, on ne devrait pas les en priver. Ils seraient tellement stressés à attendre le résultat… Je conseille donc fortement aux parents de laisser les enfants regarder le match», lâche Louis Van Gaal. Qui n’est donc pas si père fouettard que ça.