France-Allemagne: Non, les Bleus n’ont pas à avoir peur

FOOTBALL Ils n’ont rien à envier aux Allemands…

B.V. à Rio

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Le défenseur de l'équipe de France Mamadou Sakho, le 20 juin 2014, contre la Suisse.
Le défenseur de l'équipe de France Mamadou Sakho, le 20 juin 2014, contre la Suisse. — DIMITAR DILKOFF / AFP

De notre envoyé spécial à Rio (Brésil)

Français, levez-vous et gagnez. L’histoire peut avoir ses relents douloureux, ce ne sont pas les vôtres: de l’Allemagne, vous n’avez rien à craindre. Cela fait un mois que vous impressionnez le monde entier par votre maturité, votre enthousiasme, vos flamboyances, et il n’y a aucune raison que ça s’arrête vendredi. Parce que depuis le retour le retour contre l’Ukraine, il y a maintenant huit mois, tout chez vous a changé. Le jeu, l’envie, les ambitions. «Après ce match-là on a ressenti quelque chose de particulier, convient Mamadou Sakho. Depuis, notre état d’esprit est spécial.»

En chiffres, ça pique les yeux. Neuf matchs, sept victoires, aucune défaite, 28 buts marqués, trois encaissés. Et au milieu de tout ça, un match presque parfait contre la Suisse où ce «quelque chose de particulier» s’est transformé «en une force collective extraordinaire», poursuit le vice-capitaine des Bleus. Les compliments de Didier Deschamps pour l’Allemagne, «cette équipe solide, calme, habituée au haut niveau», n’est qu’une façade dont toutes les briques disent le contraire.

L’Allemagne à court d’idées

Blaise Matuidi: «Ce ne serait pas un exploit de les battre, on peut faire des grandes choses. On a du talent aussi dans tous les secteurs». Sakho: «Ce sera difficile, mais pour eux aussi. On est une belle équipe, avec beaucoup de qualités». Spécialiste de foot allemand, Patrick Guillou s’avancerait même à faire des Bleus «les favoris de ce match», car «Müller ne pourra pas toujours sortir l’Allemagne du pétrin».

Loin d’être souveraine face à l’Algérie en huitièmes, la Mannschaft semble fatiguée, à court d’idées. Cette génération «Lahm, Schweinsteiger, Neuer» n’a jamais rien gagné et commence à vivre dans la crainte que son palmarès n’égale jamais son talent. L’an passé, l’Allemagne est venue difficilement l’emporter à Paris (1-2). Déjà, la France et son gardien Hugo Lloris estimaient «avoir rivalisé». Et pourtant, «on était encore en phase de recherche, se souvient Sakho. L’équipe ne se trouvait pas encore très bien. Aujourd’hui, on a progressé.» Libérés de l’ombre oppressante de Knysna, portés par l’insouciance de leur jeunesse, les Bleus ont tout à gagner vendredi. Leur Coupe du monde est déjà réussie et l’avenir leur tend les bras. Il n’y a plus qu’à l’attraper.