Coupe du monde 2014: Rencontre avec les Colombiens, les supporters les plus dingues du Mondial

FOOTBALL Ils étaient 50.000 lors du premier match de la sélection contre la Grèce…

Antoine Maes

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Les supporters de la Colombie lors du match contre la Grèce, le 14 juin 2014, à Belo Horizonte.
Les supporters de la Colombie lors du match contre la Grèce, le 14 juin 2014, à Belo Horizonte. — AFP PHOTO / ARIS MESSINIS

De notre envoyé spécial à Sao Paulo,

«C’était incroyable. On avait l’impression d’être à la maison». Deux jours après la victoire de la Colombie contre la Grèce (3-0), Freddy Guarin n’en revient toujours pas. De la performance des Cafeteros? Non, plutôt de celle de leurs supporters: à Bel Horizonte, les fans Colombiens étaient quasiment 50.000. Et si vos connaissances géographiques vous font dire que c’est normal en tant que voisin, dites-vous qu’il faut 10h d’avion depuis Bogota pour rejoindre la capitale du Minas Gerais.

Lundi après-midi, ils étaient beaucoup moins nombreux, à peine une vingtaine, à Cotia pour un entraînement des Colombiens. En même temps, la séance n’était pas ouverte au public. Pas grave: «Quand on quitte sa maison comme on l’a fait, c’est pour venir montrer l’amour qu’on a pour l’équipe et pour la patrie», sourit Victor Dolguin, 67 ans, venu tout droit de sa bonne ville de Popayan.

«On devrait donner la nationalité à Peckerman»

Lui, comme beaucoup d’autres, n’a pas voté dimanche lors de l’élection présidentielle colombienne. Ce qu’on appelle le sens des priorités. «On devrait donner la nationalité à Peckerman (le sélectionneur argentin de la Colombie, ndlr). S’il s’était présenté il aurait gagné. Pour nous, le président c’est lui!», poursuit Calvin Gama, 26 ans, et très grand supporter du Nacional Medellin.

Comme ses collègues, il profite de la Coupe du monde pour mettre de côté son amour pour son club. Il faut dire que le Colombien est patriote, et pas qu’un peu. «Le vélo aussi est très populaire chez nous, mais pour le foot on pourrait mourir. On donnerait notre vie pour notre sélection colombienne», reprend Victor Dolguin. Ça s’est entendu au moment des hymnes contre la Grèce, où la reprise a capella par le public a de quoi vous filer des frissons même si vous ne pigez rien à l’Espagnol.

A 2500 euros de budget, autant en profiter. Calvin l’avoue, à ce prix là «on a fait beaucoup de sacrifices. Non en fait on a tout sacrifié». Mais pour expliquer pourquoi le Colombien est le supporter le plus festif de la Coupe du monde, il faut plutôt se pencher sur la géographie. «Chez nous, il y a pleins de régions différentes. Le Colombien de la côte est très joyeux. Celui de Bogota est plus sérieux. Je suppose que ceux-là ne sont pas venus», théorise Victor Dolguin.

N’allez pas croire qu’ils sont juste bons à faire la fête. La semaine passée, un Colombien s’est fait vider du centre d’entraînement de Cotia. Couteau à la main, il voulait en découdre avec un de ses camarades, qui supportait une autre équipe au pays (la vidéo par ici) Calvin Gama: «Bon on a aussi des barras, parce qu’on Colombie on copie beaucoup les Argentins, et pas que pour du bien». Pour le moment ça ne se voit pas trop.