Roland-Garros 2014: Quand la technologie s’invite dans la raquette

TENNIS Trois joueuses transmettent des données sur le court…

Romain Baheux

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L'Allemande Julia Goerges à Roland-Garros le 26 mai 2014.
L'Allemande Julia Goerges à Roland-Garros le 26 mai 2014. — Ella Ling/BPI/REX/REX/SIPA

De notre envoyé spécial à Roland-Garros,

De l’extérieur, rien ne distingue la raquette de Karolina Pliskova, Julia Goerges et Ana Konjuh de celle du pékin moyen engagé Porte d’Auteuil. En plus de permettre de jouer au tennis, sa fonction de base quand même, la chose possède la faculté de transmettre des données. A l’aide d’une petite batterie et de quelques capteurs placés dans la manche, la raquette envoie une série d’informations sur le jeu de son utilisatrice à un smartphone ou à un ordinateur.

Dans la foulée de la rencontre, on peut ainsi se faire une idée objective de sa prestation: nombre de coups droits, effets employés, force de ses revers, zone de frappe sur le tamis… «Pour l’instant, on est encore dans la découverte de l’objet et des possibilités qu’il offre, explique Jean-Christophe Verborg, directeur compétition et partenariats de Babolat, créateur de cette raquette connectée et équipementier de Nadal et Tsonga. Pour les professionnels, le but est de leur fournir des éléments concrets pour qu’ils puissent s’améliorer.»

Quel intérêt pour les joueurs?

Qu’en disent les intéressées? «Je suis une joueuse agressive et j’essaie d’utiliser mon coup droit au maximum, décrit l’Allemande Julia Goerges. Avec ce système, j’ai des informations que je ne ressens pas en match sur cet aspect de mon jeu et je peux ensuite les regarder pour étudier les bons et les mauvais points de ma rencontre.» «L’entraîneur d’Ana Konjuh se sert de cette raquette pour mesurer l’intensité de l’entraînement et voir les efforts de sa joueuse pendant les séances», poursuit Thomas Otton, directeur de la communication de Babolat.

Voilà pour la première version. Chez l’équipementier, on n’écarte pas la possibilité de coupler la raquette à un système de localisation des impacts de la balle sur le court, style Hawk-Eye, afin d’afficher la vitesse des frappes. «Techniquement, ça ne serait pas difficile de lier ce que vous faites avec la raquette à ce que ça engendre sur le terrain», souligne Jean-Christophe Verborg. Ça ne permettra pas de battre Djokovic mais ça aidera à mieux comprendre la défaite.