Roland-Garros 2014: Selon Sergi Bruguera, «Richard Gasquet montre qu’il a un gros mental»

TENNIS L’Espagnol est enchanté du début de tournoi du numéro 1 français, qu’il entraîne depuis le début d’année avec Sébastien Grosjean…

Julien Laloye

— 

Sergi Bruguera en compagnie de Sébastien Grosjean, le 30 mai 2014 à Roland-Garros.
Sergi Bruguera en compagnie de Sébastien Grosjean, le 30 mai 2014 à Roland-Garros. — C.Ena

De notre envoyé spécial à Roland-Garros,

Mis à part le cheveu un peu plus grisonnant, Sergi Bruguera n’a pas spécialement changé depuis ses deux victoires à Roland-Garros. Le remplaçant de Riccardo Piatti aux côtés de Richard Gasquet n’a pas encore eu le loisir de lui inculquer tout son savoir-faire terrien en raison de la longue blessure au dos dont a souffert le Français ces dernières semaines. Mais l’Espagnol se déclare plus qu’agréablement surpris de l’attitude de Gasquet à Roland-Garros, alors que se profile un troisième tour face à Fernando Verdasco.

Etes-vous surpris par les prestations de Richard Gasquet depuis le début du tournoi?

C’est sûr. Avec la préparation qu’il a eue avant Roland, je ne m’attendais pas à ce qu’il puisse jouer aussi bien ici. Il est très compétitif, je suis étonné de son niveau et de sa force mentale. Je peux vous dire que c’est dur de revenir après deux mois sans jouer et de battre un joueur comme Berlocq qui venait de gagner à Estoril en battant deux tops 10.

Vous pensez qu’il a les armes pour passer un tour de plus contre Verdasco?

Je suis uniquement préoccupé par Richard et par le fait qu’il se sente bien sur le terrain. Verdasco, ce sera compliqué, mais Richard tentera de faire le mieux possible. Il joue de mieux en mieux et c’est déjà incroyable vu d’où il vient. Il faut bien se dire que ce Roland-Garros, c’est du bonus pour lui.

Jouer sans pression, ça lui va mieux finalement?

Quand même, c’est mieux d’arriver en forme et d’avoir la pression sur tes épaules. Si tu ne l’as pas, ça veut dire que tu n’es pas en forme pour être compétitif et que personne n’attend rien de toi. Mais quand Richard entre sur le court, même s’il sait qu’il n’est pas en forme, il se met la pression pour gagner parce que c’est Roland-Garros. Mais c’est mieux d’arriver bien préparé avec de la bonne pression.

Comment jugeriez-vous vos premiers mois de collaboration?

Je crois qu’on travaille sur les choses qu’il faut. Richard est un garçon qui apprend très vite, quelqu'un de très doué et très intelligent sur un court, il essaye de bien faire ce qu’on lui dit. Mais il faut aller plus loin, avec sa blessure on n’a pas pu faire autant qu’on aurait voulu.

Que travaillez-vous en priorité?

On axe sur beaucoup de choses, le physique, le sens tactique, mais on travaille en priorité sur le coup droit, puisque le revers est déjà presque parfait (rires). C’est un bon coup chez Richard, on essaie de faire en sorte qu’il soit plus régulier. Il commence à comprendre quel coup il doit faire de ce côté, en fonction de son placement, de celui de son adversaire… on travaille beaucoup cet aspect. Ca commence à donner de bons résultats.

Vous étiez réputé comme un joueur dur au mal. Est-ce que c’est quelque chose que vous allez essayer de lui inculquer?

Il commence à travailler là-dessus, c’est quelque chose qu’il a besoin d’améliorer. Mais ce qu’il arrive à faire ici, ça veut dire qu’il un gros mental, il faut exploiter ça pour la suite. Oui, il se trouve fatigué après sa victoire contre Berlocq, mais c’était un match en trois sets, et un jour de récupération avant Verdasco, c’est bien! Après, quand tu sors de deux mois sans jouer, ça coupe les automatismes et les réflexes. J’espère qu’il va se trouver encore plus à l’aise sur le court samedi.