Roland-Garros: Pourquoi les têtes de série tombent comme des mouches

TENNIS Quatre joueurs du top 10 ont déjà été éliminés dans les deux tableaux confondus…

Julien Laloye

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Serena Williams, le 28 mai 2014 sur le Central de Roland-Garros
Serena Williams, le 28 mai 2014 sur le Central de Roland-Garros — Jamie Ling

De notre envoyé spécial à Roland-Garros,

Le cimetière à têtes de série de Roland-Garros, situé quelque part sous les tribunes du Chatrier, va devoir faire de la place pour ses nouveaux pensionnaires. Ces derniers arrivent en brochette depuis le début du tournoi. Wawrinka, Nishikori et Li Na lundi, Serena Williams mardi. Quatre tops 10 hors-course filles et garçons confondus, tout ça avant la fin du deuxième tour. Les cas sont différents, certes, mais les raisons se regroupent.

La pression du premier tour

Patrick Moratoglou, l’entraîneur de Serena Williams, n’avait pas vu venir plus que les autres la débâcle de l’Américaine après sa promenade dimanche contre Alizé Lim. Mais il avance tout de même une explication: la fameuse nervosité des premiers tours. «La première semaine, l’important c’est de passer, rien de plus. Le jeu vient après, quand on se relâche au fur et à mesure. C’est pour ça que les premiers tours sont les plus dangereux.»

Si même la meilleure joueuse de l’histoire du tennis féminin tremble comme une Marie-Louise avant un 32e de finale de Grand Chelem, alors on imagine bien l’état dans lequel devait se trouver Wawrinka, pour la première fois favori dans un tournoi de cette importance. «Stan, depuis qu’il a gagné en Australie, soit il va au bout, soit il est éliminé au premier tour, parce qu’il était trop tendu», reprend Moratoglou. L’intéressé confirme: «Je ne suis pas encore au niveau de Djokovic ou Nadal. Je viens à peine de gagner mon premier Grand Chelem à 29 ans».

Le niveau moyen du circuit

«Dans un tournoi du Grand Chelem, les joueurs les moins bien classés sont motivés parce qu’ils veulent battre les meilleurs joueurs du monde. Ils trouvent de l’inspiration». Novak Djokovic inspire surtout la peur de la rouste, mais le Serbe met le doigt sur un point sensible. Les meilleurs ne sont à l’abri de rien. Les meilleures non plus. «Les filles ne sont pas des manches, défend l’ex-joueuse Nathalie Dechy. Muguroza [l’adversaire de Williams] progresse depuis pas mal de temps. Quand elle voit Serena jouer comme ça, elle se dit que c’est une super opportunité. Il n’y a pas tant de marge que ça. Regardez Mladenovic, demain elle va jouer contre Riiske, qui aura certainement trois fois plus envie de gagner que Li Na». 

Laquelle a confié après son match fantomatique contre la Française «qu’elle aurait perdu contre n’importe qui» vu son niveau de jeu. Wawrinka, de son côté, a passé son temps à viser les bâches, mais Garcia-Lopez, demi-finaliste à Monte-Carlo il y a un mois, faisait partie des tirages à éviter sur terre.

Le manque de préparation

Le moins surpris de la défaite de Li Na, championne de l’Open d’Australie? Rien de moins que son coach, l’Espagnol Carlos Rodriguez. «Je ne sais pas où elle avait la tête. Mais ça ne date pas du match contre Mladenovic. Elle n’était pas dans les bonnes dispositions pour faire un résultat.» Absolument injouable jusqu’à la tournée américaine, la Chinoise restait sur deux échecs prématurés à Rome et à Madrid. «Elle donnait des signes d’essoufflement ces dernières semaines», observe Moratoglou. Comme Stanislas Wawrinka.

A Rome, le Suisse avait mis sa défaite face à Tommy Haas sur le compte d’un mal de dos persistant. Il faut croire qu’il n’a pas tout à fait disparu, au même titre que celui de Kei Nishikori, qui marchait pourtant comme un avion ce printemps. «C'est la première fois que je sers à 100% depuis Madrid, confiait le Japonais après sa défaite contre Klizan. Dans ces conditions, je suis content d’avoir terminé mon match.» Lui au moins a une bonne excuse.