Mondial 2014: «Ils ne sont plus dans un bunker comme des stars». Quand les supporters aiment de nouveau les Bleus

FOOTBALL La cote de popularité des Bleus est remontée...

B.V.

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Le milieu de terrain de l'équipe de France Paul Pogba se jette dans le public du Stade de France après la victoire des Bleus contre l'Ukraine (3-0), le 19 novembre 2013.
Le milieu de terrain de l'équipe de France Paul Pogba se jette dans le public du Stade de France après la victoire des Bleus contre l'Ukraine (3-0), le 19 novembre 2013. — F.FIFE/AFP

Le Brésil a ses charmes que le supporter ne saurait ignorer. Mais quand même: avec 17.000 billets vendus, contre 8.000 en Corée (2002) et 6.000 en Afrique du Sud (2010), la France va exploser en juin son contingent de fans pour une Coupe du monde aux antipodes. Et pas seulement grâce au combo tangas-havaianas-caïpirinhas. Depuis sa qualification homérique face à l’Ukraine, l’équipe de France soulève derrière elle un vent de sympathie qu’on entendait plus siffler depuis la farce du bus.

«J’ai l’impression que l’équipe renait avec le match retour de l’Ukraine, s’enthousiasme Yannick Vanhee, président de la F.A.N.S (fédération nationale des associations de supporters des Bleus). Les joueurs avaient besoin de vivre ça pour comprendre qu’ils pouvaient se faire supporter et on avait besoin de voir une belle victoire, avec les tripes, avec des mecs prêts à mourir sur le terrain, pour comprendre qu’on pouvait supporter comme avant.» Le temps d’une Marseillaise aussi improvisée qu’ahurissante dans un Stade de France en fusion, quelques secondes après la qualification, la communion entre l’équipe et son public fut parfaite.

Une jeune génération «plus attachante»

«On a rendu les français fiers, contents de leur sélection, prêche le capitaine Hugo Lloris. Il faut continuer sur cette voie-là. Dès qu’on a les possibilités de défendre le maillot, il faut le faire avec honneur.» Comme pour son premier match de préparation, face à la Norvège mardi soir, devant un Stade de France quasiment plein.

Au-delà de ses bons résultats, cette équipe de France séduit par son état d’esprit. Devenus cadres, Mamadou Sakho, Paul Pogba, Mathieu Valbuena ou Blaise Matuidi font partie d’une génération de joueurs «plus attachante», loue Vanhee. «Ils donnent l’impression de ne pas se prendre la tête, d’être des petits fous qui ont envie de s’éclater et de mouiller le maillot. Autour d’eux, des anciens comme Ribéry se prennent au jeu.»

La fin du bunker autour des Bleus

Et plutôt que de les enfermer, façon Domenech en 2010, la Fédération a préféré profiter de cet engouement pour ouvrir les portes des Bleus. «Ils ne sont plus dans un bunker comme des stars, ils sont redevenus des joueurs de ballons», explique Yannick Vanhee. Dans les faits, ça se traduit par la création d’un groupe de supporters financé par la FFF, plus d’entraînements ouverts au public (quatre minimum au Brésil, contre un en Ukraine), des joueurs plus accessible pour échanger, prendre des photos ou signer des autographes, ou encore la naissance d’une web-série filmée de l’intérieur de groupe.

«On ressent aussi l’enthousiasme des supporters, confirme le défenseur Mamadou Sakho. On fait ce pas vers eux avant chaque entraînement ouvert au public. Resserrer ce lien supporter-joueur, c’est très important pour nous.» Et à une plus grande échelle aussi. «On commence à travailler pour l’Euro 2016,  explique le président de la Fédération Noël le Graët. Le succès est énorme pour cette Coupe du monde mais il faut que l’équipe de France soit suivie en septembre pour sa campagne de matchs amicaux. Le but, c’est d’être prêts pour l’Euro en France.»