Roland Garros 2014: Pourquoi c'est la bonne année pour Djokovic

TENNIS Le Serbe arrive pour la première fois dans la peau du grand favori à Paris…

J.L.

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Novak Djokovic, le 23 mai 2014 à Roland-Garros.
Novak Djokovic, le 23 mai 2014 à Roland-Garros. — Michel Euler

Dimanche en fin de matinée, il n’y avait aucun match programmé sur l’exigu court n°4 de Roland-Garros, en dépit d’une queue à vous faire regretter d’avoir amené vos enfants porte d’Auteuil pour un cadeau d’anniversaire. Ça se battait pour voir Novak Djokovic retourner les premières balles de Kevin Anderson sans bouger un orteil à l’entraînement. Moins pour discuter de la forme du Serbe du côté de son staff. Djokovic favori pour Roland «Sorry, no comment», se contente Boris Becker, pendant que Marian Vajda est alpagué par des compatriotes venus de Serbie. Personne, donc, pour commenter l’évidence. Pour la première fois de sa carrière, Djokovic semble capable de mettre la fessée à Nadal à Paris.

Parce qu’il a retrouvé son niveau de 2011

Le Novak 2014 commence à ressembler de près au Godzilla de 2011 qui écrasait tout sur son passage (42 victoires jusqu’à sa défaite en demi-finale contre Federer à Paris). «En le regardant, on se demande parfois comment on va arriver à finir à point, tellement sa couverture de terrain est impressionnante, confie l’ancien numéro 1 français Cédric Pioline. Novak est redevenu le mur qu’il était il y a deux ans.» Invaincu pendant trois mois fin 2013, le Serbe s’est de nouveau positionné en patron en réussissant le doublé Indian Wells-Miami au printemps. «Jouer Novak est la pire chose qui puisse m’arriver», résume alors Nadal en forme d’hommage. Seule une petite alerte au poignet à Monte-Carlo fait craindre un bug de dernière minute. Vite oublié au regard de la performance monstrueuse du 2e joueur mondial à Rome.

Parce que Nadal est moins bon

Almagro, Ferrer, Nishikori à Madrid, Simon pendant deux bonnes heures à Rome, Ils sont une tripotée à avoir fait transpirer Nadal jusqu’à l’épuisement ces derniers temps. «Tous ces matchs difficiles sont bien tombés pour la confiance et la tranquillité de Rafa», jure Toni Nadal. Le neveu, est moins catégorique, comme s’il était conscient que les années commençaient à peser dans les jambes, même pour lui. «Vous n’êtes pas habitués à me voir souffrir? Il va falloir vous y faire. Les années passent, ça fait partie de la carrière de tous les joueurs.» Sans parler de l’avantage psychologique pris par Djokovic, vainqueur de ses quatre derniers matchs contre l’Espagnol. «J’aurai encore plus de confiance avant le prochain match contre lui, confirme le Serbe. J’ai beaucoup travaillé mon physique avec mon équipe. Je sais que je peux tenir l’échange avec lui.»

Parce que Becker est arrivé

On ne peut pas dire que Boris Becker, co-entraîneur de «Djoko» depuis le début de l’année, se montre très bavard lors des entraînements en public. C’est toujours Vajda qui donne les ordres et les consignes, l’Allemand se contentant de ramasser les balles. Le Serbe a d’ailleurs dû mettre les choses au clair avant le début de la quinzaine: «Boris sait exactement ce qu’est la pression, les défis que l’on rencontre dans le sport en général et dans les tournois comme celui-ci. C’est pour ça qu’il est dans mon équipe.» Son objectif? Faire en sorte que Djokovic retrouve son mojo lors des grands matchs en cinq sets, qu’il a tendance à perdre un peu trop souvent, à l’image de sa demi-finale l’an passé contre Nadal. «Novak n’a remporté qu’un Grand Chelem depuis deux ans, explique «Boum Boum». C’est trop peu pour un joueur de son calibre. Quand on ne progresse plus, les autres vous dépassent.» Peut-être plus pour longtemps.