Coupe du monde 2014: «En Croatie, on est des fanatiques», explique Vedran Runje

FOOTBALL L’ancien gardien de Marseille et de Lens se penche sur la sélection de son pays…

Propos recueillis par Antoine Maes

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Le gardien croate vedran Runje sous le maillot de Lens, en 2011.
Le gardien croate vedran Runje sous le maillot de Lens, en 2011. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Depuis son départ de Lens, en 2011, il n’a plus un seul orteil dans le monde du foot. Vedran Runje, retourné vivre chez lui en Croatie, a toujours «une passion pour le foot», mais beaucoup moins pour le milieu du foot. A l’approche de la Coupe du monde, où la sélection de Niko Kovac aura l’honneur de disputer le match d’ouverture contre le Brésil, il fait tout de même le point sur les espoirs des coéquipiers de Luka Modric.

Jusqu’où les supporters croates voient-ils aller leur équipe?

On est assez confiant. C’est vrai que le groupe n’est pas facile, qu’on joue en ouverture contre le Brésil. Mais je pense qu’on peut passer le 1er tour. Egaler la génération dorée de 98? C’est difficile de parler de ça. On a des joueurs de haut niveau, qui jouent dans plein de bonnes équipes mais être 3e ou 4e, c’est un résultat qui est difficilement répétable. Mais pourquoi pas? En Croatie, on est des fanatiques, ça compte énormément pour tout le monde. On sait qu’on peut aller loin. Jusqu’où, ça, c’est difficile à dire.

Elle représente quoi l’équipe nationale pour les Croates?

Elle représente tout: on est un petit pays de même pas 4 millions d’habitants. Tout le monde connaît les joueurs personnellement! Dans les grandes nations, les vedettes on ne les voit qu’à la télé. Ici la plupart des joueurs ont encore des contacts dans leur ville. Et puis la guerre est encore quelque chose de présent dans la tête des gens, l’équipe nationale représente toujours quelque chose. Beaucoup de monde voudrait aller au Brésil, mais c’est très loin. Et c’est assez cher pour des gens qui travaillent pour un salaire normal. Il y aura des supporters, mais beaucoup je ne pense pas. Pas autant que si on jouait en Europe.

Quel genre de sélectionneur est Niko Kovac?

J’ai joué avec lui. C’était un patron sur le terrain, il était très sérieux. Il a joué très longtemps en Allemagne, donc il a un peu cette mentalité. C’est un mec intelligent, il aime bien que les choses soient en place. Après, il n’a coaché que quelques matchs, puisqu’il est arrivé juste pour le barrage. Donc c’est difficile de voir comment il veut jouer.

Va-t-il sélectionner des joueurs évoluant dans le championnat croate?

Il y en a mais très peu. La plupart jouent à l’étranger, et ceux pour qui ce n’est pas le cas, c’est que ça ne devrait pas tarder. Ça existe depuis toujours: l’Hajduk Split et le Dinamo Zagreb trustent 99 % des titres, ce n’est pas facile de faire un grand championnat. On ne peut pas imaginer Mandzukic jouer en Croatie. Mais on a toujours des bons jeunes d’ici, comme Kovacic qui pour moi est un joueur terrible et qui est déjà à l’Inter Milan. Et puis Halilovic, qui vient de signer à Barcelone, et lui, c’est un diamant. Il faut reconnaître le travail de l’école de foot ici. Si on compare les conditions de travail en France et ici… Un club comme l’Hajduk a un ou deux terrains, mais ils sortent toujours quelque chose. Pour un petit pays comme ça, c’est beau. Et puis on va pas les chercher ailleurs, on n’a pas de scouting pour aller les chercher en Afrique ou en Amérique du sud, c’est que du fait maison.