Philippe Jeantot entre aveu et excuse de bonne foi

VENDÉE GLOBE 'ancien navigateur s'est défendu comme une «victime de son incompétence»

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Le procès de Philippe Jeantot a débuté lundi matin aux Sables d'Olonne pour deux jours pendant lesquels l'ex-navigateur devra répondre de malversations présumées en tant que gérant de Sail Com, société organisatrice du Vendée Globe jusqu'en 2002.
Le procès de Philippe Jeantot a débuté lundi matin aux Sables d'Olonne pour deux jours pendant lesquels l'ex-navigateur devra répondre de malversations présumées en tant que gérant de Sail Com, société organisatrice du Vendée Globe jusqu'en 2002. — Frank Perry AFP

«Un marin victime de son incompétence en matière de gestion». C'est ainsi que l'avocat de Philippe Jeantot a défini son client au premier jour de son procès devant le tribunal correctionnel des Sables d'Olonne. Cheveux longs grisonnants et les traits tirés, Philippe Jeantot a reconnu lundi devant la justice s'être servi dans les bénéfices de sociétés prestataires de la société qu'il avait créée pour organiser le Vendée Globe mais a assuré avoir agi de bonne foi.

«Il n'a fait que des conneries parce qu'il n'a pas été sérieusement conseillé»

A 54 ans, l'ex-navigateur est jugé en tant que gérant de Sail Com, organisateur des courses autour du monde et sans escale du Vendée Globe de 1996 à 1998 et de 1999 à 2002. Il est poursuivi pour soustraction frauduleuse à l'établissement ou au paiement de l'impôt, fraude fiscale (uniquement pour la période 1996-1998), faux et usage de faux, banqueroute et abus de biens sociaux. «Sail Com, c'est moi qui l'ai créée, c'est mon argent. Il faut bien que je me rémunère quelque part. Je me suis rémunéré en étant parmi les acteurs de ces différentes sociétés et en partageant à la fin les bénéfices si les prestations accomplies étaient réalisées», a expliqué Philippe Jeantot à la barre.

Pour Me Dupont-Moretti, «il lui aurait suffi de se salarier et il serait riche aujourd'hui... Il n'a fait que des conneries parce qu'il n'a pas été sérieusement conseillé. Tout ce qu'il a fait est stupide».

«C'est vrai, mais j'ai été redressé»

Pour la période de 1996 à 1998, le marin a ainsi touché environ 45.000 euros de bénéfices, placés sur un compte en principauté d'Andorre par Iyo (société irlandaise dont Jeantot est à l'origine) et à laquelle Sail Com avait versé environ 230.000 euros d'honoraires pour des prestations de communication. «Vous êtes en train de reconnaître que vous vous êtes payé directement», lui rappelle le président du tribunal. «C'est vrai, mais j'ai été redressé», assume Jeantot, assurant que pour l'édition 2000 du Vendée Globe «il y a eu le même type de fonctionnement».
   
Pour cette période notamment un grand flou entoure la disparition d'un million d'euros de chèques destinés à Sail Com, versés selon Jeantot à une autre société, dont il est co-gérant, pour des prestations liées au Vendée Globe.