Port du voile dans le foot: «La France est un pays laïc, il faut respecter ça", selon Noël Le Graët

FOOTBALL Mais la Fifa a un point de vue opposé...

avec AFP

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Noël le Graët, le président de la FFF, en mars 2014, au Stade de France.
Noël le Graët, le président de la FFF, en mars 2014, au Stade de France. — FRANCK FIFE / AFP

Le président de la Fédération française de football Noël Le Graët a estimé lors d'un entretien avec l'AFP qu'il fallait «respecter» le fait que la France est un pays laïc et s'est de nouveau dit opposé au port du voile, autorisé en mars par le Board, l'organe garant des lois du jeu. «Je vais être très clair. La France est un pays laïc et il faut respecter cela. On a avancé par rapport à la religion», a d'abord déclaré M. Le Graët.

«Là où Blatter (le président de la Fifa, ndlr) a mille fois raison, c'est que dans certains pays, jouer au foot avec le voile est un tel progrès qu'il faut le faire. Ceci dit, il est aussi politique, il y a des élections qui arrivent», a-t-il ajouté. «Mais si on vient au foot dans un pays laïc, on vient comme tout le monde. En ce qui concerne la fédération, je souhaite que les jeunes filles puissent jouer partout sans que je ne sais qui leur impose le port du voile», a encore déclaré le président de la FFF.

«Si l'Arabie Saoudite se qualifie on respectera les règles de la Fifa»

«On est candidat pour organiser la Coupe du monde des filles en 2019. Si l'Arabie Saoudite se qualifie on respectera les règles de la Fifa», a-t-il toutefois précisé. Le port du voile et du turban dans le football a été approuvé officiellement le 1er mars par l'International Football Association Board, après 20 mois d'essai.

La question du voile avait agité le monde du football ces dernières années. L'Iran était allé jusqu'à porter plainte contre la Fifa parce que les joueuses de son équipe nationale, faute d'être autorisées à couvrir leurs têtes, avaient dû faire une croix sur les qualifications pour les jeux Olympiques de Londres en 2012.

Le débat avait ressurgi au Canada en juin 2013, quand la Fédération québécoise s'était opposée au port du turban par des Sikhs sur les terrains. La Fédération canadienne, qui y était favorable, avait décidé de suspendre la branche québécoise avant que la Fifa ne calme le jeu en étendant son expérience aux joueurs masculins.