FC Nantes: Aristeguieta promet «une bonne année» à venir pour lui

INTERVIEW L'attaquant vénézuélien du FC Nantes veut croire que sa chance va arriver très vite et se dit très inquiet pour son pays en crise...

Propos recueillis par David Phelippeau à Nantes, avec la traduction de Julien Ropert

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L'attaquant du FC Nantes Fernando Aristeguieta face à Toulouse à la Beaujoire en décembre 2013.
L'attaquant du FC Nantes Fernando Aristeguieta face à Toulouse à la Beaujoire en décembre 2013. — Jean-Sébastien Evrard / AFP

L’attaquant du FC Nantes Fernando Aristeguieta (22 ans), acheté 1,2 million d’€ cet été (jusqu’en 2016), a traversé la saison dans le parfait anonymat. Six titularisations toutes compétitions confondues avec les pros pour deux petits buts, des prestations pas toujours convaincantes en CFA … Le Vénézuélien, qui fait partie du groupe nantais retenu pour affronter Marseille vendredi soir, raconte sa galère. Il en profite aussi pour faire part de son inquiétude concernant la crise politique et économique que traverse son pays d'origine.

Cette saison a été compliquée pour vous?

Oui. Ne pas jouer, c'est difficile pour tout joueur. On vient ici tous les matins avec l'envie de gagner sa place dans le onze de départ. Ne pas pouvoir jouer génère une certaine gêne. C'est difficile de garder la motivation dans cette situation.

Comment expliquez-vous votre faible temps de jeu? 

En vérité, je ne sais pas. Au début de saison, Filip (Djordjevic) a marqué beaucoup. J'ai commencé à jouer un peu moins. J'ai subi deux petites blessures. Je jouais moins, mais je n'ai pas eu d'explications en direct avec le staff technique. Ils m'ont dit de continuer comme ça, mais les minutes de jeu ne sont pas arrivées. Quand tu joues, les buts viennent, la confiance vient, et tout va bien. Quand tu joues dix minutes un match, vingt minutes ensuite, et qu'après tu ne joues pas pendant deux matchs, c'est difficile. Je veux voir maintenant si, avec l'objectif du maintien presque atteint, je vais davantage jouer.

Filip Djordjevic va partir, le club ne va pas pouvoir recruter. Vous vous dites que vous avez un rôle à jouer la saison prochaine?

C'est une opportunité. Filip est notre numéro 9, il s'en va. Si je dois avoir ma chance, ça dépendra de moi. Mais c'est vrai aussi qu'en ce moment, Filip ne joue pas, et je ne joue pas non plus…  Je dois me préparer, travailler plus dur, et essayer de profiter des opportunités que j'aurai. Je suis convaincu que les choses vont se mettre en place, que les buts vont venir. C'est pour ça qu'on m'a fait venir ici. L'an prochain sera une bonne année pour le FC Nantes et pour Fernando Aristeguieta.

Que vous dit le coach?

Les fois où j'ai parlé avec lui, il m'a dit que c'était bien, qu'il faut que je continue comme ça. C'est ce que j'ai du mal à comprendre. Si c'était si bien, je jouerais. Et je ne joue pas.

Comment vivez-vous les événements au Venezuela?

C'est très difficile. La majorité des manifestations à Caracas se déroulent tout près de ma maison. C'est compliqué de ne pouvoir aider. Ici, je n'ai pas toutes les informations. Il y a un peu de censure de l'information. Le gouvernement ne veut pas que tout ce qui se passe soit révélé. Ça nous fait beaucoup de mal, j'aimerais être là pour contribuer à ce que les manifestations demeurent pacifiques. Pour que la paix règne dans le pays. C'est ce qui nous manque aujourd'hui. 

Avez-vous peur pour l'avenir de votre pays?

Oui. On viole les droits de l'homme, on viole la constitution. On a l'impression que le pays avance au hasard.