Ambiance tendue à l'UEFA, à la veille de la présidentielle

Stéphane Alliès

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François Manardo, responsable presse de Michel Platini, a dénoncé mercredi une "manoeuvre de déstabilisation d'amateurs" après qu'une source anonyme du camp de Lennart Johansson a assuré compter sur 36 voix sur 52 pour l'élection à la présidence de l'UEFA.
François Manardo, responsable presse de Michel Platini, a dénoncé mercredi une "manoeuvre de déstabilisation d'amateurs" après qu'une source anonyme du camp de Lennart Johansson a assuré compter sur 36 voix sur 52 pour l'élection à la présidence de l'UEFA. — AFP/DDP/Arch.

Voir Düsseldorf et élire. C'est vendredi en fin de matinée que les 52 présidents de fédérations choisiront le nouveau président de l'organisation européenne du football. A la veille du scrutin, l'ambiance s'est considérablement tendue entre le sortant suédois Lennart Johansson, 77 ans, et son challenger de 51 ans, Michel Platini.

Parti largement gagnant, le cacique scandinave s'inquiète de la montée en puissance de Platoche, dont la campagne offensive a porté ses fruits ces derniers jours. Autour d'un programme profondément réformateur, façon «le football aux footballeurs», Platoche a multiplié les attaques sur l'âge de son rival, ainsi que sur son profil de gestionnaire au service du foot marketing. Une dynamique qui s'est accompagnée de soutiens symboliques (le syndicat des joueurs), amicaux (le président de la Fifa) ou décisifs (la fédération du Danemark et d'autres).

Panier de crabes

Depuis le début lundi du congrès de l'UEFA à Düsseldorf, tout ce beau monde est réuni et, sur le mode du panier de crabes, les spéculations s'intensifient, entre deux visions spécifiques du ballon rond. Quand l'association de la presse sportive fait connaître un pronostic pro Platini, un proche de Johansson annonce un comptage en faveur du Suédois (36 voix, exactement). Et les deux camps de montrer leurs courroux. Dénonciation d'une «manoeuvre de destabilisation d'amateurs» pour les Français, expression d'un «énervement» chez les Suédois, qui critiquent «le manque d'expérience» de l'adversaire.

Le tout mélangé donne le sentiment d'un retour deux ans en arrière et d'une ambiance singapourienne, tant le duel rappelle la lutte olympique entre Paris et Londres pour les JO 2012. Arrangements de couloirs, coups bas, indécision deu résultat et, élément déterminant, un vote final secret... Reste à savoir qui sera dans la peau de Delanoë.