Chelsea-PSG : Comment Paris doit-il s’y prendre pour ne pas se faire remonter

LIGUE DES CHAMPIONS Les hommes de Laurent Blanc devront gérer deux buts d’avance à Stamford Bridge…

Julien Laloye

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David Luiz au duel avec Blaise Matuidi, le 5 avril 2014 à Paris.
David Luiz au duel avec Blaise Matuidi, le 5 avril 2014 à Paris. — Henri Collot

78 %. Le chiffre tourne en boucle dans la tête des supporters parisiens et des amoureux du football français depuis une semaine. Pour ceux qui n’ont pas fait le lien, il s’agit du pourcentage de chances de qualification du PSG pour les demi-finales de la C1. A condition de ne pas se faire remonter par Chelsea. Comment les hommes de Laurent Blanc doivent-ils s’y prendre? Suivez le guide.

Oublier le but de Pastore

Le propos peut paraître osé, mais le but de l’Argentin, aussi sublime qu’il est sorti de nulle part, ne rend pas forcément service aux Parisiens avant le match de Stamford Bridge, explique Jérôme Rothen, qui s’était retrouvé dans la même situation avec Monaco en 2004 (3-1 à l’aller, 2-2 au retour). «A 2-1, on sait que ça va être serré, alors qu’ à 3-1, tu passes d’une chance sur deux d’aller au tour suivant à une qualification presque acquise… Inconsciemment, tu ne mets pas la même hargne sur le terrain.»

Jimmy Algérino avait lui trois buts d’avance quand il s’est déplacé à Anfield avec le PSG en 97. Avec le recul, c’était presque un de trop. «On y était allé pour résister et c’est tout. Si Paris attaque son match dans l’idée de défendre et que Chelsea marque une fois… attention à la sensation du match qui t’échappe.» Le PSG de Rai et de Leonardo était d’ailleurs passé tout juste à l’époque (3-0, 0-2 au retour). Un score qui ne suffira pas cette fois-ci.

Ne pas perdre ses moyens d’entrée

«Deux buts d’avance, on se rend vite compte que c’est fragile, se souvient Rothen. Nous, on avait refusé de jouer et on s’était fait manger (2-0 à la 42e minute). Je me souviens de la ferveur du public, on avait été surpris par ça.» Si le public des Blues n’est pas connu pour être le plus chaud d’Europe, il sait se mobiliser lors des grands soirs, à la manière des supporters de Liverpool. «Je me rappelle de l’ambiance extraordinaire d’Anfield, ajoute Algérino. On a fini le match avec des acouphènes (rires). Mais ça nous avait plus transcendés qu’autre chose, on n’avait pas pris de but trop tôt.»

Pile ce que doit faire le PSG mardi soir, tout en sachant que le Chelsea de Mourinho devrait commencer son match à cent à l’heure. «On a vu à l’aller sur la première mi-temps que Paris n’était pas à l’abri de prendre un bouillon, avertit Rothen, même si c’est une équipe qui a l’habitude de maîtriser les événements.» Au Parc, le PSG avait mis 45 minutes à s’en rappeler. Là, il faudra aller plus vite.

Penser à marquer

Dans un monde idéal, un but aussi précoce que celui de Lavezzi à l’aller doucherait Mourinho et ses troupes pour de bon. Mais si Paris ne marque pas sur sa première attaque tous les matins, cela ne le dispense pas d’essayer quand même mardi. «Deux buts, ce n’est pas assez pour passer le match derrière, juge Algérino, à part dans la dernière demi-heure, si l’avance est toujours là. En plus, le PSG doit passer, certes, mais il doit aussi marquer les esprits de ses adversaires pour la suite de la compétition.

«Quand on revient à 2-1 avec Monaco, on sent que quelque chose s’est cassé chez eux, appuie Rothen. Pourtant, ils n’étaient qu’à un but de la prolongation… Il faudra marquer une fois pour mettre un coup sur la tête de Chelsea. Bien sûr, le PSG pourrait défendre pendant 90 minutes, mais s’il était capable de tenir le 0-0, ce serait déjà la meilleure équipe du monde!» Ce n’est a priori pas encore le cas.