Ligue des champions: Le but de Javier Pastore vu de l’intérieur

FOOTBALL La troisième but parisien de l’Argentin décrypté par les acteurs du jeu…

Julien Laloye et Bertrand Volpilhac

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Javier Pastore entouré de ses coéquipiers, le 2 avril 2014 au Parc des Princes.
Javier Pastore entouré de ses coéquipiers, le 2 avril 2014 au Parc des Princes. — C.Ena

Même si vous n’êtes pas supporter du PSG, vous l’avez forcément déjà vu sous toutes les coutures. Depuis le bord de touche, depuis les tribunes, depuis la cage de Petr Cech… mais pas encore depuis l’intérieur. 20 Minutes a demandé à trois anciens joueurs de décrypter le but de l’Argentin, de son débordement sur le bord de touche jusqu’à la frappe dans le petit filet du gardien des Blues.

Vu de la tête de Franck Lampard, par Philippe Violeau, ancien milieu défensif de l’OL

«A ce niveau de compétition et à ce moment du match, on s’attend à un minimum d’opposiiton de la part de Lampard. Ça vient sûrement du fait qu’il n’est pas un milieu défensif pur, mais de là à défendre comme un attaquant… Le double contact de Pastore est bien fait, mais le dribble est assez lent. Sur le coup, on a presque l’impression que l’arbitre a sifflé quelque chose et que le joueur continue son action tout seul. Après, Lampard n’est pas le seul responsable. Pastore ne doit jamais arriver face à lui. Au pire, il doit réussir à conserver le ballon dans le coin, mais pas plus. Dans ce but, il y a un peu de talent, mais surtout beaucoup de réussite liée au manque d’agressivité de la défense de Chelsea dès le début de l’action.»

Vu de la tête de Petr Cech, par Vincent Fernandez, ancien gardien du PSG

«Au premier abord, on croit que Cech ne bouche pas son premier poteau, mais le placement est bon. La preuve, sur le plongeon, sa main gauche dépasse le cadre, c’est donc qu’il couvrait son poteau. Mais c’est un gardien très grand, et il a eu du mal à se baisser. Je pense qu’il a senti qu’il allait se passer quelque chose au fur et à mesure du débordement de Pastore, mais la frappe arrive à ras de terre, près du corps, et pour lui se coucher près de ses pieds c’est dur. Il aurait dû choisir de tenter un chassé avec le pied gauche, mais ses appuis ont dû le conduire à plonger. C’est pour ça qu’en France, on forme rarement des gardiens de plus d’1m90. Sirigu, par exemple, l’aurait arrêté. Pour moi, 50 % du but est pour Cech, même si la défense s’est loupée et si la frappe est belle.»

Vu de la tête de Javier Pastore, par Amara Simba, ancien attaquant du PSG

«Quand il se retrouve dans cette zone, à ce moment du match, on pense que c’est pour temporiser et attendre la fin. Et puis il y a cet enchaînement de dribbles, comme il le sait le faire en fait. Il faut se souvenir que ses premiers matchs avec Paris, il ne savait faire que ça. C’est quelqu’un qui peut enchaîner 3 ou 4 dribbles comme ça. Doit-il faire la passe en retrait à Cabaye après son double contact? Le résultat prouve que non. Bien sûr qu’en frappant, il peut manger une grosse occasion. Mais c’est ce qu’on lui reproche d’habitude de manger des occasions, alors je vais le défendre là-dessus, il doit tenter. Ce qu’il faut souligner, c’est l’ensemble de l’action, pas que le double contact. Car s’il n’y a pas but, les dribbles, on les oublie.»