PSG-Chelsea: Que vaut vraiment Zlatan Ibrahimovic sur un grand match?

FOOTBALL Le Suédois doit faire mentir une réputation de joueur peu décisif à partir des quarts de finale…

Julien Laloye

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Zlatan Ibrahimovic, le 28 mars 2014 à Nice.
Zlatan Ibrahimovic, le 28 mars 2014 à Nice. — BEBERT BRUNO

Ça doit être les tatouages impressionnants sur les bras, dignes d’un chef de clan maori en pleine chasse. A moins que ce soit ce regard perçant qui vous donne envie de vous faire tout petit sur votre siège. Bref, tout ça pour dire que personne n’a pris le risque de fâcher Zlatan Ibrahimovic dans l’auditorium du Parc des Princes, en conférence de presse d’avant Chelsea. La question à poser était pourtant simple: «Zlatan, vous marquez beaucoup en Ligue des champions, mais jamais quand ça compte. Est-ce que cette fois ça va changer?» ou quelque chose dans le genre. Car les statistiques ne mentent pas, et ce n’est pas pour rien qu’on les ressort à chaque début de printemps quand il s’agit d’Ibra.

Trois buts seulement à partir des quarts

Trente-cinq buts en 83 matchs de C1, le bilan est honnête en apparence. Sauf qu’il est beaucoup moins glorieux quand on s’arrête aux matchs à élimination directe. Trois petits buts en tout et pour tout à partir des quarts de finale, ce qui fait tâche quand on a eu sa chance avec la Juventus, le Milan AC, l’Inter, le Barça et le PSG. L’interrogation légitime autour du rendement d’Ibra lors des grands matchs avait fait bondir Laurent Blanc avant Nice. «Quand on veut commenter sa saison, il faut regarder ses stats, c’est assez exceptionnel, la saison n’est pas encore terminée. Dieu sait que certains pensent qu’il ne marque pas de buts dans les matchs importants, je ne vois pas pourquoi il n’en marquerait pas, lui comme les autres.»

Cette fois ce serait la bonne, donc? Il y a matière à le penser. D’abord que Zlatan le reconnaît lui-même, il ne s’est peut-être jamais senti aussi fort que cette saison. «Je me sens très bien. Ça a été ma meilleure saison jusqu’à maintenant. Physiquement et mentalement, je progresse encore, je me sens très à l’aise dans ce club. Collectivement, on est devenus une bien meilleure équipe et j’essaie de rendre au club ce qu’il est venu chercher en me recrutant.» Pour résumer, un joueur capable de faire les mêmes différences qu’un Messi ou qu’un Ronaldo.

«La meilleure saison de ma carrière»

Bilan? Le Suédois a commencé à se déniaiser –un but et deux passes décisives face au Barça l’an passé, déjà dix buts cette saison en C1- mais il n’aura plus 36 occasions de devenir ce joueur mythique qui vous fait gagner une Ligue des champions. «Zlatan est un très grand joueur qui n’a jamais gagné cette compétition, se méfie Mourinho. C’est un rêve pour lui et ça le rend d’autant plus dangereux.» Le coach de Chelsea a même confié entre les lignes qu’avec le Suédois dans son équipe, il aurait le grand buteur qui lui manque pour aller au bout. «A ce niveau de compétition, ce sont les grands attaquants qui font la différence entre les huit équipes du plateau. Messi, Ronaldo, Lewandowski ou Ibrahimovic.» Pour ce dernier, Cela reste encore à prouver.