UEFA: Manchester City, PSG... Le fair-play financier est-il vraiment efficace?

FOOTBALL Alors que l’UEFA regarde de très près le budget du PSG…

Antoine Maes

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Le président du PSG Nasser Al-Khelaïfi, le 19 janvier 2014, au Parc des Princes.
Le président du PSG Nasser Al-Khelaïfi, le 19 janvier 2014, au Parc des Princes. — KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Il est en cours depuis le début de la saison 2011-2012, mais le séisme, espéré ou redouté, n’a toujours pas eu lieu. Le fair-play financier mis en place par l’UEFA est pourtant une réalité réglementaire pour tous les clubs européens. Tentative de bilan avec Bastien Drut, économiste du sport, et auteur de «20 questions improbables sur le foot» (Edtions De Boeck).

Les gros clubs sont-ils inquiétés? Quasiment pas – Pour le moment, aucun géant européen ne s’est fait tirer les oreilles par l’UEFA. La plus grosse victime: Malaga, exclu des compétitions européennes fin 2012. Un manque de volonté politique? «C’est quasiment impossible qu’on arrive à une exclusion. Parce qu’il faut que ce soit très grave, comme des salaires ou des impôts pas payés, ou des cas de matchs truqués. Le fair-play financier est fait pour éviter des déficits excessifs, l’UEFA n’a jamais ciblé les clubs de milliardaires», assure l’économiste. D’autant plus que les très gros sont aujourd’hui très peu à ne pas respecter leur budget: «Le Real ou le Barça ont des dettes importantes, mais ils sont plutôt bénéficiaires ces dernières années», assure Bastien Drut.

Le PSG risque-t-il vraiment gros? Non, vraiment pas – Reçus à plusieurs reprises par l’UEFA, les dirigeants du PSG seraient dans leurs petits souliers. Dans la ligne de mire des experts: le méga-contrat passé avec la Qatar Tourism Authority (QTA), censé rapporter entre 150 et 200 millions d’euros par an. «Quand il y a un contrat entre un club et une entreprise, et que cette entreprise est liée à l’actionnaire, il faut qu’il y ait un juste prix afin d’éviter les subventions déguisées. C’est logique que l’UEFA s’y intéresse», assure Bastien Drut. Quant à une sanction possible, rien n’est encore certain. «C’est du jamais vu: on parle d’une publicité d’Etat, l’UEFA aura du mal à dire que c’est trop ou pas assez cher. Et de toute façon, même s’ils sont sanctionnés, ce sera peut-être juste un blâme ou une amende, dont le PSG se fout à peu près complètement.»

Les finances des clubs se sont-elles assainies? Oui, mais il reste du travail – On est encore très loin d’une gestion totalement saine, mais les dépenses inconsidérées semblent appartenir au passé. «C’est très difficile de dire s’il y aun impact direct. Mais en 2012, pour la 1re fois depuis six ans, le déficit agrégé des clubs européens a baissé, en passant de 1,7 milliard à 1,1 milliard. Les règles du fair-play financier sont prises en considération», selon Bastien Drut. En attendant, la situation est encore très tendue en Espagne. Là-bas, «les impayés d’impôts des petits clubs atteignent 600 millions d’euros! Ça, ça pose un vrai problème pour la société en elle-même», conclut Bastien Drut.