Coupe du monde: Le Brésil est loin d’être prêt

FOOTBALL A moins de 80 jours du début de la Coupe du monde, le Brésil affiche un retard important dans l’organisation…

Soufiane Naaimi

— 

La préparation de la Coupe du monde de football au Brésil a mis l'enjeu en exergue: la construction de nouveaux aéroports est cruciale pour les pays émergents. Elle représente aussi un formidable marché.
La préparation de la Coupe du monde de football au Brésil a mis l'enjeu en exergue: la construction de nouveaux aéroports est cruciale pour les pays émergents. Elle représente aussi un formidable marché. — Nelson Almeida AFP

Elle s’annonce comme l’une des plus belles Coupe du monde jamais organisée. Plus de dix milliards d’euros ont été dépensés pour la bonne tenue de la Coupe du monde 2014. Pourtant «le Brésil est le pays le plus en retard et c’est le seul qui avait autant de temps (sept ans)», avait critiqué Sepp Blatter en décembre 2013. Qu’il s’agisse de retards pour la livraison des stades ou du mécontentement des Brésiliens, le pays «de l’ordre et du progrès» multiplie les mauvais points.

Trois stades inachevés. A ce jour, parmi les douze enceintes censées accueillir des matchs, trois sont toujours inachevées. Le stade de Curitiba devrait être livré quelques semaines voire quelques jours avant le début de la Coupe du monde. Pire, la construction du stade de Porto Alegre, qui doit accueillir cinq rencontres, est suspendue faute de moyens financiers. Une levée de fond est réclamée par le maire de la ville. «Nous sommes dans une situation difficile. S’il n’y a pas de vote, c’est décidé, il n’y aura pas de mondial à Porto Alegre», a-t-il menacé à l’antenne de Radio Gaucha.

Des manifestations à venir pendant le Mondial. Les manifestations de juin 2013 avaient déjà réuni plus d’un million de personnes, et le pays doit s’attendre à de prochains rassemblements. «Il y a de fortes probabilités que les manifestants profitent de la présence des médias, à partir du mois de juin, pour se faire entendre. Le gouvernement brésilien se préoccupe grandement de ces possibles revendications», estime Helena Hirata, directrice de recherche au CNRS. Les autorités doivent également pacifier les favelas, souvent à la merci de gangs qui se vouent des guerres sans merci. Dans la zone ouest de Rio, l’armée a dû intervenir pour instaurer un climat de paix.

Une économie au ralenti. Longtemps considéré comme le fer de lance de l’Amérique du Sud, le Brésil voit son économie tourner au ralenti. En atteste l’abaissement de la note de solvabilité du pays par Standard and Poor’s (BBB à BBB-). Le déficit public s’est creusé en 2013, passant de 3,2 % du PIB à 3,9 %. Les autorités ont privilégié la Coupe du monde à d’autres dépenses nécessaires «comme la santé, l’éducation, les transports, le réseau électrique…, énumère Helena Hirata. Pour le moment, le gouvernement ne peut plus investir dans le domaine public.»