Coupe de France: Antoine Kombouaré a bien changé

FOOTBALL L'entraîneur de Lens, qui se déplace jeudi à Monaco en quart de finale de la Coupe de France, s'est assagi depuis son arrivée chez les Sang et Or...

Francois Launay

— 

Antoine Kombouaré, l'entraîneur de Lens, ne veut pas s'emballer.
Antoine Kombouaré, l'entraîneur de Lens, ne veut pas s'emballer. — M;Libert / 20 Minutes

C’est une image qui appartient au passé. Ce jeudi soir, lors du quart de finale de Coupe de France que Lens va disputer à Monaco, Antoine Kombouaré ne s’énervera sans doute pas sur son banc de touche. Finies les expulsions et les colères mémorables contre les arbitres du temps où il exerçait à Valenciennes (2005-2009) ou au PSG (2009-2011). Depuis son arrivée chez les Sang et Or il y a neuf mois, l’entraîneur s’est assagi. «Il a certainement dû faire un gros travail sur lui-même car j’ai en tête des images de lui à Valenciennes où il était un peu impulsif. Comme quoi, on peut changer à tout âge», glisse Rudy Riou, le gardien du RC Lens. Et c’est vrai qu’à 51 ans, celui qui a désormais plus de dix ans d’expérience sur un banc de touche, avoue avoir fait des efforts «Avec l’âge, avec les coups qu’on prend, avec l’expérience qu’on acquiert, tout ça fait que j’ai évolué même si ça bout toujours à l’intérieur. Il faut savoir prendre sur soi. C’est un travail», reconnaît Antoine Kombouaré qui assure ne pas avoir eu besoin de séances chez le psy pour apprendre à se canaliser.

Francis Decourrière, ancien président du VAFC: «Antoine est devenu un sage»

«Je ne vois personne, ce n’est que moi et ma conscience mais aussi les retours que j’ai de mes amis et ma famille. J’ai des enfants qui ont aujourd’hui 30 et 27 ans et ils ont des avis tranchants. Eux aussi, ils savent tacler», sourit l’ancien défenseur. Des conseils avisés mais aussi le fruit de son expérience comme le reconnaît Francis Decourrière, ancien président de Valenciennes, resté très proche de son ancien entraîneur. «Après son passage au PSG où il a fait ses preuves, je trouve qu’Antoine est devenu un sage. Il a pris beaucoup de recul face aux événements et est très serein. C’est devenu un très grand entraîneur et aujourd’hui, il est très bien dans sa peau», assure l’ancien dirigeant.

«Voir ma tronche tous les jours, ça me fatigue»

Un épanouissement que lui a aussi permis la Ligue 2. Après l’effervescence parisienne «incomparable», Kombouaré a fait le choix de revenir en France, après une saison à Al-Hilal (Arabie Saoudite) loin du tourbillon médiatique. «Si je suis venu à Lens en Ligue 2, c’est aussi pour revenir à des bases plus saines. Le fait qu’il y ait moins de médias autour de nous et qu’on soit plus en retrait, ça me plaît beaucoup», avoue le technicien. Une cure qui se traduit à Lens par un service minimum. Un point presse avant le match, un autre juste après et c’est à peu près tout pour les tâches médiatiques. «Je me fais oublier le reste du temps. Moi ce que j’aime, c’est venir à l’entraînement, m’occuper de mes joueurs et mettre en place des stratégies. Voir ma tronche à la télé tous les jours, ça me fatigue», lâche le Kanak. Pourtant si Lens, deuxième de Ligue 2, remonte dans l’élite, Kombouaré va devoir s’y faire. Son aura et celle de son club devraient vite le faire sortir de l’anonymat. Pas sûr que ça le réjouisse.