La domination du PSG est-elle nuisible à la Ligue 1?

FOOTBALL Les Parisiens filent vers un deuxième titre de champion de France consécutif…

Propos recueillis par Romain Baheux, François Launay et Stéphane Marteau

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Zlatan Ibrahimovic contre Saint-Etienne le 17 mars 2014.
Zlatan Ibrahimovic contre Saint-Etienne le 17 mars 2014. — PLV/SIPA

Dimanche, ils ont tranquillement écarté le quatrième du championnat. Vainqueurs de Saint-Etienne (2-0), les Parisiens comptent toujours huit points d’avance sur le deuxième, Monaco. On ne voit plus trop ce qui pourrait les empêcher de décrocher un deuxième titre de champion de France de rang. Un dirigeant, un entraîneur, un journaliste et un supporter évoquent cette domination, partie pour s'inscrire dans la durée.

Frédéric Paquet, directeur général adjoint du Losc: «Actuellement, la présence du PSG en Ligue 1 est une bonne chose par rapport à sa capacité d’attraction. Ça donne un éclairage sur le championnat comme il n’y en a jamais eu avant. Mais à moyen terme, il y a deux dangers. D’abord, il va y avoir une lassitude car il y a un écart trop important avec les autres clubs donc il y a peu de suspense. Ensuite, si Monaco continue de suivre derrière le PSG, il va y avoir des conséquences directes sur les autres clubs «européens» de la Ligue 1 comme Lyon, Marseille, Lille ou Bordeaux qui ne pourront plus jouer la Ligue des champions donc l’écart ne va faire que s’agrandir. Avant, des clubs pouvaient prendre des risques sur une saison en visant une place en Ligue des champions. Aujourd’hui, avec Paris et Monaco, ce ne sera plus possible. Pas parce que le PSG va mettre encore plus de moyens mais parce que les autres vont s’appauvrir. Ça ne pourra aller qu’en s’aggravant car l’écart va devenir abyssal si ça continue.»

Rémi Garde, entraîneur de Lyon: «Je vois plutôt le PSG comme une locomotive pour le football français et pour la Ligue 1. Depuis l’arrivée des Qataris, il y a un écart qui s’est creusé très rapidement, mais c’est peut-être possible de le contrecarrer à moyen terme avec d’autres stratégies. On a vu l’année dernière que le championnat avait été un peu plus disputé. Cette année, ça l’est moins. Mais peut-être qu’un club comme Monaco ou d’autres stratégies basées sur le moyen ou le long terme avec des clubs comme l’OL qui misent sur la formation pourront arriver à lutter. Je ne dis pas de reprendre la domination, mais de lutter différemment.»

Hervé Mathoux, présentateur du Canal Football Club: «Les matchs du PSG marchent très bien, ce club booste les audiences. Les gens ne se lassent pas de Paris, soit parce qu’ils apprécient le résultat soit parce qu’ils ont envie de voir le petit faire tomber le gros. C’est une dramaturgie qui fonctionne et pas qu’en France. C’est mieux d’en avoir deux qu’un seul mais on ne peut pas dire que Paris soit complètement seul. On en reparlera si le PSG est champion dix fois de suite à quatre mois de la fin du championnat. Ça marche aussi sûrement parce que c’est Paris. Ça fonctionnait déjà quand Paris n’était pas au top, avec cette opposition entre la capitale et les clubs de province.»

Christian Le Namour, président du groupe de supporters lorientais Celtic An Orient: «C’est une bonne chose pour la Ligue 1 et de manière plus globale, pour le football français. Dès le départ, on savait que les dés étaient pipés pour le titre de champion, il suffit de voir les joueurs dont dispose le PSG. Le but sera de faire tomber Paris quand il viendra chez nous maintenant. Avec Paris, les stades sont remplis. Je suis supporter mais les gens ne viennent pas pourvoir du football mais pour voir ces stars qu’ils regardent à la télévision d’habitude.»