Bilan, critiques, hommes forts: Olivier Magne et Abdelatif Benazzi reviennent sur le Tournoi du XV de France

RUGBY Les Bleus ont terminé à la quatrième place…

Propos recueillis par Romain Baheux

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L'équipe de France de rugby après le match contre l'Irlande le 15 mars 2014.
L'équipe de France de rugby après le match contre l'Irlande le 15 mars 2014. — Henri Collot/SIPA

Un revers pour finir. Avec sa défaite contre l’Irlande samedi (20-22), le XV de France boucle son Tournoi des VI Nations à la quatrième place. A un an et demi de la Coupe du monde, les Bleus de Philippe Saint-André ne figurent pas parmi les trois meilleures équipes du continent, une performance inédite depuis 2011. Anciens internationaux, Olivier Magne et Abdelatif Benazzi donnent leur vision de cette équipe de France.

Les Bleus sont-ils à leur place?

Olivier Magne: «Sur ce Tournoi, oui. Même si le dernier match donne de l’espoir, le bilan reste moyen. Il n’y a pas eu d’idée directrice. On aurait préféré voir jouer les Bleus comme contre l’Irlande pendant toute la compétition. On a du mal à trouver trente joueurs qui arrivent à être les meilleurs à un moment précis. On s’était mis beaucoup de pression sur ce Tournoi avec l’idée de réaliser un Grand Chelem.»

Abdelatif Benazzi: «Tout à fait. On a été chanceux parfois et le dernier match sauve la face sur le plan du jeu. Il faut être réaliste. On aurait pu battre les Irlandais dans les dernières minutes mais c’est le reflet d’une équipe qui a été fébrile pendant le Tournoi. Certains joueurs montrent des choses intéressantes en club et semblent perdus en équipe de France. Je pense à Plisson qui avait peur en Ecosse à chaque fois qu’il avait un ballon à négocier.»

A qui doit-on imputer ces carences?

O.M.: «C’est un ensemble de choses. Les joueurs ont été un peu timides et peut-être que le sélectionneur n’a pas trouvé les bons mots pour faire passer son message. Le collectif a eu du mal à se lâcher. Maintenant, on espère que l’idée de jeu future sera identique à ce que l’on a pu voir contre l’Irlande.»

A.B.: «Les responsabilités sont partagées. Les joueurs sont sur le terrain mais il faut savoir s’ils ont compris ce qu’ils doivent faire et la liberté qu’on leur accorde. Quand vous changez souvent de composition d’équipe, c’est aussi plus difficile pour les joueurs d’acquérir des automatismes.»

Certains ont-ils marqué des points pour l’avenir?

O.M.: «Des joueurs ont montré que l’on pouvait compter sur eux à l’image d’un garçon comme Alexandre Lapandry, performant lors des deux derniers matchs. Je pense aussi à Damien Chouly. Il faudra aussi revoir un Bonneval ou un Plisson. Ils sont prometteurs et pourront jouer la Coupe du monde.»

A. B.: «Il y a eu des révélations comme Flanquart, Fickou, Bonneval et Slimani. Il y a des jeunes joueurs qui ont montré qu’ils pouvaient faire des choses intéressantes.»

A ce rythme, peut-on réaliser une bonne Coupe du monde en 2015?

O.M.: «La Coupe du monde se joue avec un gros volume de jeu et sur la capacité de reproduire des matchs de haut niveau. Ce n’est pas parce que l’on a fait trois années mauvaises que la Coupe du monde le sera. On peut se raccrocher à ça mais on aimerait quand même qu’il y ait de la continuité et des matchs gagnés avant cette échéance.»

A.B: «L’équipe de France ne pourra compter que sur une bonne préparation pour élever son niveau physique. Il y aura de l’incertitude jusqu’à la Coupe du monde puis il faudra essayer de travailler sereinement. Maintenant, on n’a pas la capacité d’enchaîner dix victoires d’affilée pour arriver en confiance à cette compétition.»