Brandao bientôt français: Pourquoi le Brésil exporte autant de footballeurs vers d’autres équipes nationales?

FOOTBALL Le Brésilien de Saint-Etienne aimerait faire le Mondial 2014 avec les Bleus…

Antoine Maes

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L'attaquant de Saint-Etienne Brandao, le 22 février 2014, à Bastia.
L'attaquant de Saint-Etienne Brandao, le 22 février 2014, à Bastia. — PASCAL POCHARD CASABIANCA / AFP

Didier Deschamps pensera peut-être à lui une seconde (ou pas), au moment de choisir les joueurs qu’il emmènera avec lui au Brésil au mois de juin. A qui? Au Brésilien Brandao, qui dans une interview à L’Equipe, ce dimanche, a révélé qu’il aurait bientôt la nationalité française, et qu’il se verrait bien au Mondial avec le maillot bleu. «J'aime vraiment votre pays, qui m'a bien accueilli et beaucoup aidé. Pas le Brésil. Ce sera un geste d'amour et ma façon de dire merci.»

A priori, il n’y aura pas vraiment de débat. Avec 4 buts en 19 matchs cette saison, le Stéphanois est très loin de s’être rendu indispensable, à l’image de Nenê ou Wendel, qui avaient fait les mêmes appels du pied aux Bleus il y a quelques années. Mais ce cas de figure, le Brésil commence à bien le connaître: en fin d’année passée, Diego Costa, qui empile les buts en Liga avec l’Atletico Madrid, a décidé de porter le maillot de la sélection... espagnole. Comme Pepe (Portugal), Thiago Motta (Italie) ou Eduardo (Croatie) avant lui.

Un choix qui avait déclenché une vraie campagne de haine à l’encontre du joueur madrilène. «Ce qui se dit sur la plus grande télé brésilienne, les gens estiment que c’est vrai. Si Scolari dit que Diego Costa c’est un traitre, tout le monde mange ça. Mais si tu demandes aux gens à quel poste il joue, ils ne le sauront même pas. Diego Costa, on lui a mis sur lui la faute de ne pas avoir d’attaquant pour la coupe du monde», regrette Felipe Saad, le milieu de terrain Brésilien de Caen, passé par Ajaccio.

«Au Brésil, ils sont tellement sûrs d’avoir 20 ou 25 mecs pour la sélection qu’ils s’en foutent»

Installé dans l’hexagone depuis sept ans, le milieu de terrain connait bien les forces et les faiblesses du foot brésilien. La fédération brésilienne est-elle assez bien organisée pour éviter de perdre régulièrement quelques pépites? «Je pense que non. Et ils ne voient pas trop la nécessité de le faire. Les sélections africaines comme le Cameroun viennent en France repérer les joueurs qui ont des origines, parce qu’ils n’ont pas beaucoup d’options. Mais au Brésil, ils sont tellement sûrs d’avoir 20 ou 25 mecs pour la sélection qu’ils s’en foutent.»

Il faut dire que le gisement est immense. En 2013, le Brésil était le plus gros exportateur de footballeurs professionnels vers l’Europe, avec 471 expatriés. Une main d’œuvre formée, qui joue dans des championnats de bon niveau, et qui n’a aucune chance de porter un jour le maillot auriverde: une aubaine pour les petites sélections. «Un mec de la fédé libanaise m’a demandé si j’avais des origines pour jouer pour l’équipe du Liban. C’est mon arrière grand-père qui est libanais, et il aurait fallu que ce soit mon grand-père. Et des demandes comme ça j’en reçois de temps en temps», assure Felipe Saad. Mais ce choix-là n’aurait sans doute pas déclenché la colère de Scolari.