Ligue 1: Après les critiques de Zlatan Ibrahimovic, la difficile condition du cuisinier de club

FOOTBALL L’attaquant du PSG aurait critiqué les prestations du chef cuisinier du club…

Antoine Maes

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L'attaquant du PSG Zlatan Ibrahimovic à l'entraînement, le 11 mars 2014.
L'attaquant du PSG Zlatan Ibrahimovic à l'entraînement, le 11 mars 2014. — FRANCK FIFE / AFP

«Kevin, deux œufs brouillés pour Zlatan.» Dans une vidéo diffusée sur le site du club en novembre dernier, Stéphane Michon, le chef cuisinier du PSG, régale les stars du club. Mais quatre mois plus tard, celles-ci sont tout de même un poil déçues des prestations offertes. Selon Le Parisien, le Suédois se serait plaint des menus servis au Camp des Loges. L’équipe de cinq personnes du traiteur Dupont dévolue au confort culinaire des Parisiens serait même sur la sellette.

Entre diététique et plaisir de la table, la condition de cuisinier dans un club de football est à la limite de la schizophrénie. Alexis Riaboff le sait bien: aujourd’hui patron du Galopin-Gastronome, dans l’Yonne, il a travaillé de 1996 à 2007 avec Auxerre. Dans ce domaine, l’AJA, via Guy Roux, a fait figure de précurseur en France. «J’avais un resto où venaient les joueurs, et les dirigeants sont venus me chercher en me disant: "On préfère que tu viennes chez nous plutôt que les joueurs viennent chez toi." Parfois, Guy Roux me reprochait de ne pas faire gaffe, donc je trichais un peu: j’aime bien quand les choses ont du goût.»

A Nantes, six kilos de riz au lait par jour

«C’est ce qu’on appelle la gestion des aliments à risques», explique Véronique Rousseau, diététicienne-nutritionniste à l’Insep. Passée par le PSG, son rôle n’est pas de s’assurer de la cuisson des pâtes ou de la qualité de la vinaigrette. «Avec un chef, tout ce qui est qualité nutritionnelle devient bon à manger. Nous, on ne transcende pas les aliments, on établit les priorités dans les menus. Et dans le football, comme il y a des cultures différentes, il y a des habitudes alimentaires différentes. Donc un chef, par rapport à une restauration collective, c’est un vrai plus.»

Même au PSG, il ne faut tout de même pas rêver bénéficier des services d’un chef étoilé, surtout avec des repas budgétés à 15 euros. «Nous, on est bien en dessous de ça», raconte Philippe Thé, qui dirige la cantine du FC Nantes. Après avoir bénéficié de l’accompagnement d’un diététicien, il se débrouille aujourd’hui tout seul pour confectionner ses menus, tout en écumant quasi quotidiennement les marchés pour combler les Canaris avec du poisson frais du jour.

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Prestataire, il est tout de même tiraillé entre les consignes du club et les envies des joueurs. «On fait parfois des exceptions, et on fait ça discrètement. Et puis si on voit que le joueur n’a pas pris d’entrée, on va le gâter au niveau du dessert. On a une spécialité, c’est le riz au lait, on en fait 6 kilos par jour», reprend le Nantais. Qui est même capable de mitonner des burgers et des pizzas, en début de semaine, histoire d’avoir le temps d’éliminer: «Si on ne donne pas ce qu’ils aiment, automatiquement, ils vont le chercher à l’extérieur. On préfère les avoir ici, leur faire plaisir et avoir le contrôle.» Mais au PSG, contrôler Zlatan Ibrahimovic quand on est en cuisine, c’est aussi prendre le risque qu’il n’apprécie pas vos œufs brouillés.