XV de France: Le sourire de façade de Philippe Saint-André

RUGBY La victoire du XV de France, face aux Ecossais, laisse un peu de répit à Philippe Saint-André avant d’affronter l’Irlande, le 15 mars prochain…

Soufiane Naaimi

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Philippe Saint-Andre en conférence de presse à Marcoussis le 8 novembre 2012
Philippe Saint-Andre en conférence de presse à Marcoussis le 8 novembre 2012 — DURAND FLORENCE/SIPA

«Il y a des jours où il ne faut prendre que la victoire.» Même Philippe Saint-André, le manager du XV de France, l’admet, la prestation des Bleus, samedi, n’avait rien d’incroyable. Mené 17-16 dans les dernières minutes du match, les Français s’en sont remis à l’entrée décisive de Jean-Marc Doussain, qui a transformé une pénalité et permis à son équipe de passer devant, au tableau d’affichage, juste avant le coup de sifflet final (19-17).

«On est à trois victoires sur quatre matchs, ce n'est pas la sinistrose […] On veut rester vraiment sur le positif. Sur le fait que même si tout n'est pas parfait, en quatre matchs, on a plus de victoires que sur toute l'année 2013», se félicitait Philippe Saint-André après la rencontre, plus soulagé que content. Les Bleus affichaient d'ailleurs une certaine satisfaction: celle du rescapé de dernière minute qui ne doit d'avoir sauvé sa peau qu'à une énième faute écossaise.

Un XV de France pris dans un cercle vicieux

«On a un peu de mal à savoir où on est en terme d'identité de jeu. Il ne me semble pas qu'on soit dans une dynamique comme celles d'autres nations», estime Pierre Villepreux, entraîneur du XV de France entre 1995 et 1999. Pierre Berbizier confiait dans L’Equipe, ses craintes pour l’avenir: «On n'a rien vu. (...) On peut ne retenir que le résultat mais j'ai peur qu'on le paye plus tard. J'ai peur qu'on termine ce Tournoi avec plus de questions que de réponses.»

A la différence de leurs rivaux, eux aussi en rodage, les Bleus montrent dans le jeu une certaine inconstance et une grande fébrilité. S'ils sont capables de fulgurances salvatrices comme contre l'Angleterre, ils ont rarement été capables depuis deux ans de poser leur emprise sur un match.

Une chance seulement mathématique de remporter le Tournoi

Avec 44% de victoires sur ses 25 premiers matchs, Philippe Saint-André présente toujours le plus mauvais bilan d'un entraîneur du XV de France dans l'ère professionnelle débutée en 1995. Deux ans après leurs prises de fonctions, ses trois prédécesseurs avaient gagné au moins une fois le Tournoi en réalisant le Grand Chelem (Villepreux-Skrela en 1997 et 1998, Laporte en 2002, Lièvremont en 2010). Aujourd'hui, avant son dernier match contre l'Irlande, le XV de France a une chance seulement mathématique de remporter le Tournoi.