Sotchi 2014: Alexis Pinturault: «Il y aura moins de pression grâce à cette médaille»

SKI ALPIN Le leader du ski français savoure sa troisième place en géant, derrière un autre Français, Steve Missillier…

Romain Scotto

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Le skieur français Alexis Pinturault, lors du géant des Jeux olympiques de Sotchi, le 19 février 2014
Le skieur français Alexis Pinturault, lors du géant des Jeux olympiques de Sotchi, le 19 février 2014 — KEVIN DIETSCH/NEWSCOM/SIPA

Après son échec du super combiné qu’il avait quitté sur une sortie de piste, le leader du ski français a bien réagi sur le géant, mercredi. Médaillé de bronze à 22 ans, derrière son compatriote Steve Missillier, il a désormais les armes en slalom pour viser un autre métal. Encore plus brillant.

Après la contre-performance du combiné, que représente cette médaille de bronze?

Elle fait du bien cette médaille, surtout que ce n’était pas facile. Ted et moi, on était attendus, comme en super combiné. En super combiné, on est passé largement à côté mais on s’est bien reconcentrés. Ce n’est jamais facile parce que les conditions étaient difficiles, la première manche très serrée. Il fallait tout donner dans la deuxième et ne pas se poser de questions.

Vous êtes restés dans votre bulle jusque là pour mieux vous relancer?

C’était important pour moi car il y a beaucoup de médias et au super-combiné je me suis un peu perdu. C’est pour ça que je ne suis pas venu vous voir après la première manche, pas avant la deuxième non plus. Je voulais rester concentré. Je savais ce que je voulais faire, skier pour me faire plaisir et aller le plus vite possible.

Etiez-vous stressé avant ce géant?

J’étais beaucoup moins stressé aujourd’hui qu’au super-combiné. Peut-être que ça vient de vous (les médias)...

Etiez-vous inquiet après la première manche en raison des faibles ecarts?

Non, ça fait partie de ce sport. On sait que même quand il y a des écarts, il faut tout refaire en deuxième manche. C’est sûr que ça met dans des positions plus difficiles quand le terrain se dégrade. C’est la seule chose perturbante mais j’ai su rester calme. C’était très serré mais je savais que tout était possible en deuxième manche. On a rarement vu ça et j’ai voulu tout remettre en place en deuxième manche pour aller accrocher une médaille.

Partager ce podium avec un Français doit encore plus vous combler…

C’est quelque chose de particulier. C’est mon premier doublé en course. J’étais un peu tendu dans l’aire d’arrivée car j’avais peur de finir 4e. Je me suis réjoui quand il est monté sur le podium et encore plus pour moi quand j’ai su que j’y étais aussi.

La pression va-t-elle désormais retomber autour de l’alpin français?

Ce n’était pas forcément facile pour nous, on était attendu. On disait qu’on était la plus forte équipe sur le papier. Je n’aurais peut-être pas annoncé un doublé, une médaille oui, mais deux c’est fabuleux. Il faut se servir de ça et garder les pieds sur terre pour le slalom qui va arriver vite. J’ai déjà une médaille autour du cou, ça fait du bien. J’ai désormais un point de repère. Il faut que je m’en serve pour les autres événements. Il fallait peut-être que j’en passe par là pour que ça me sourit un peu. Il y aura moins de pression pour le slalom grâce à cette médaille. Si je n’en avais pas eu, j’aurais peut-être été un peu crispé.