Sotchi 2014: Missillier et Pinturault, les hommes du réveil de l’alpin français

SKI ALPIN Grâce à ses deux géantistes, l’alpin français décroche ses premiers podiums aux Jeux depuis huit ans…

Romain Scotto

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Les skieurs français Steve Missillier et Alexis Pinturault, lors de leur deuxième et troisième place au géant olympique de Sotchi.
Les skieurs français Steve Missillier et Alexis Pinturault, lors de leur deuxième et troisième place au géant olympique de Sotchi. —

De notre envoyé spécial à Sotchi (Russie),

Jusqu’à présent, il fallait regarder au loin, vers la montagne voisine de Laura pour voir tomber les médailles dans le clan français. Mais mercredi, c’est à Rosa Khutor, de l’autre côté de la vallée, que les Bleus ont poursuivi leur moisson de podiums. Là où ils ne collectionnaient pour l’instant que les désillusions, chutes, et blessures en tout genre. Grâce à Steve Missillier et Alexis Pinturault, deuxième et troisième du géant, le ski alpin n’est plus le mauvais élève du clan français. Il aura même droit comme tout le monde à sa fête spéciale au club France, dans le village de Gorki, situé en contrebas.

En montant à deux sur la «boîte» mercredi, les skieurs n’ont pas seulement débloqué le compteur de l’alpin. Ils ont aussi effacé le zéro pointé de Vancouver et anéanti la perspective d’un nouvel échec retentissant. «Bien sûr qu’il y a de l’émotion et du soulagement. C’est la première médaille masculine que je vois depuis Joël Chenal à Turin. Vous imaginez...», soupire David Chastan, l’entraîneur des techniciens en pleurs derrière ses lunettes flashy.

Sortie de crise

Après une première semaine sans médaille, le coach reconnaît qu’il valait mieux se réveiller lors de ce géant: «C’était une journée tendue, forcément. La pression, c’est plus moi qui l’avait que les athlètes», balbutie Chastan incapable de contenir son émotion. Malgré les critiques, le président de la fédération Michel Vion assure que «personne n’a paniqué» dans l’encadrement. Avant de tout remettre en cause, il fallait déjà laisser les meilleurs Français s’exprimer dans leurs disciplines respectives.

Et comme le géant et le slalom sont programmés en fin de quinzaine, «il n’y avait pas de quoi s’affoler, enchaîne Fabien Saguez le DTN. Comme prévu, nos garçons ont été solides, morts de faim (…) Avant, c’était l’équipe de vitesse. C’est différent. Elle n’avait pas les mêmes armes que les garçons aujourd’hui. Si on avait quatre des douze meilleurs du monde en descente et en Super-G, le bilan de la première semaine aurait été catastrophique. Ce n’était pas le cas.» A l’entendre, le meilleur serait même à venir, avec le slalom de samedi. Désinhibés et enfin délestés de la pression d’un premier podium, Pinturault, Missillier, Grange et même Lizeroux ont désormais toutes les cartes pour récidiver. Le match des deux montagnes n’est pas encore terminé.