Sotchi 2014: Dernier coups de peinture avant l’ouverture des Jeux

JEUX OLYMPIQUES A deux jours de la cérémonie d’ouverture, la ville hôte des JO n’est pas tout à fait prête…

Romain Scotto

— 

Un peintre travaille sur une barrière à Sotchi, le 5 février 2014
Un peintre travaille sur une barrière à Sotchi, le 5 février 2014 — R.S/20minutes

Avec leurs blousons fluorescents d’un goût assez douteux, les volontaires du Sooc, le comité d’organisation des Jeux de Sotchi, ont au moins le mérite d’égayer un décor particulièrement grisonnant dans la ville hôte des Jeux. A deux jours de la cérémonie d'ouverture, la station balnéaire peine à masquer ce côté carton pate, propre aux villes en pleine mutation.

Pour Alexandr, habitant de Sotchi depuis plus de trente ans, on peut même parler d’un changement d’époque, avec l’organisation de ces JO. «Ici, c’est chez moi, je reconnais encore Sotchi. Mais maintenant, on est la ville du futur. Plus qu’un exemple pour toutes les villes russes. C’est très moderne, même si je n’aime pas toutes les nouvelles constructions», avoue cet informaticien qui assistera aux épreuves de short-track et de ski freestyle.

Troncs d'arbres décapités versus palmiers

A Sotchi même, inutile d’espérer voir le moindre sportif, les compétitions les plus proches étant regroupées à une trentaine de kilomètres, autour du parc olympique des sports de glace. Malgré la construction d’un musée du sport, de centres commerciaux neufs et le réaménagement de toute sa zone portuaire, la ville choisie par Vladimir Poutine n’est pas d’une attractivité débordante. En attendant le début des épreuves, elle baigne pour l’instant dans une odeur d’enduit pas tout à fait sec et de murs ripolinés. Les échafaudages trônent encore un peu partout et les travailleurs les plus actifs sont encore les électriciens ou agents de voirie.

«Les travaux ne sont pas tout à fait terminés, mais de toute façon, les gens ne vont pas beaucoup venir ici, promet Nastya, une serveuse de la ville. Ils iront dépenser leur argent à Krasnaïa Poliana (la station en altitude) ou à Adler (le site des épreuves de glace).» Pour cela, ils emprunteront peut-être la nouvelle ligne ferroviaire longeant le littoral, pour l’heure sous-utilisée.

D’un côté, «des mini plages» de galets en partie bétonnées et surveillées par la police. De l’autre, des bâtiments et des routes à n’en plus finir, érigés spécialement pour les JO. En guise de végétation, le tronc d’arbre décapité, voire calciné, fait de la résistance autour des palmiers plantés à la va-vite. L'illustration de la démesure d'une ville qui accueillera à partir de samedi les Jeux d'hiver comme elle aurait pu organiser ceux d'été.