XV de France: Les Bleus, enfin au niveau physiquement?

B.V.

— 

L'anglais Joe Marler (au centre) stoppé par les Français Bernard Le Roux (à droite) et Yannick Nyanga le 1er février 2014.
L'anglais Joe Marler (au centre) stoppé par les Français Bernard Le Roux (à droite) et Yannick Nyanga le 1er février 2014. — MARTIN BUREAU / AFP

Bien sûr, le capitaine français Pascal Papé peut s’enorgueillir de son XV de France qui «en a eu dans le caleçon» pour s’imposer à l’arrachée face à l’Angleterre (26-24), samedi. Cependant, pour leur bien dans la suite du Tournoi, les Bleus ne devront pas oublier que sans une réussite totale en début de match, ils se seraient sûrement inclinés face à des Anglais plus matures. Mais moins dominants physiquement.

Comme elle l’avait été à Twickenham en 2013 face à une Angleterre taillée façon hémisphère sud, l’équipe de France avait pris la sale habitude ces derniers mois de se faire un peu «manger» dans les duels et à finir ses rencontres carbonisée. Et même si elle a subi dans ce match «très difficile, très physique», dixit le centre Mathieu Bastareaud, elle n’a jamais lâché, s'offrant même le dernier rush de la victoire. «Pour gagner, il ne fallait pas qu'on craque mentalement», assure le Toulonnais. Parce que du côté des jambes, ça allait bien.

«Les Anglais sont des décathloniens»

«C’était un intensité terrible en terme de temps de jeu effectif et de durée des séquences, poursuit l’entraîneur des avants Yannick Bru. Les Anglais ont entrepris un très gros travail physique pour être prêts à la Coupe du monde en 2015. Ils sont de vrais décathloniens. Mais quand on ils ont vu qu’on tenait, c’est eux qui commençaient à fatiguer.» Trop légère dans le dernier tournoi, roustée par plus solide lors des tests de novembre, comment la France s’est-elle subitement acheté un physique?

«Il faut féliciter la Fédération et la Ligue, sourit le sélectionneur Philippe Saint-André. Si on n'avait pas eu 15 jours pour préparer ce match, on ne l'aurait pas gagné…» Au beau milieu d’un vaste débat entre clubs et Fédération sur la sur-utilisation des internationaux, le staff des Bleus a trouvé dans cette victoire de la dernière chance un argument de poids: «Heureusement qu’on a pu préserver nos joueurs la semaine passée en Top 14, conclut Bru. Sinon, je ne vous dis pas pour se présenter face à un tel défi… C’est peut-être là qu’on a gagné la dernière séquence du match.» Le problème, c’est qu’avant l’Italie, dimanche prochain, les Bleus n’auront cette fois qu’une semaine de repos.