XV de France/Gaël Fickou: «J’ai dit au préparateur physique que je n’allais pas rentrer»

Propos recueillis par B.V, au Stade de France

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Le joueur français Gaël Fickou lors du match face à l'Angleterre le 1er février 2014 au stade de France.
Le joueur français Gaël Fickou lors du match face à l'Angleterre le 1er février 2014 au stade de France. — THOMAS SAMSON / AFP

Il lui a fallu quatre minutes pour changer le cours du match et l’avenir du XV de France. Le centre de Toulouse, Gaël Fickou, entré en jeu à la 75e, a offert la victoire à l’équipe de France face à l’Angleterre sur le gong. Il raconte cet essai qui «restera gravé dans sa mémoire».

Racontez-nous cet essai. Vous aviez touché un ballon avant celui-là?
Une fois, j’avais joué un duel. Sur l’action, j’ai eu la chance que Dimitri négocie très bien le coup et fixe deux défenseurs. Je me trouve en deux contre un j’ai juste une décision à prendre. J’ai senti le défenseur qui glissait sur Maxime et j’ai saisi l’opportunité. Du regard, je sens qu’il joue entre nous deux, j’ai vu un espace se libérer donc j’ai fait une feinte de passe pour aller marquer l’essai. Une fois passé la ligne, au début, je me dis: «Allez, tu plonges!» Et puis en une fraction de seconde, je me dis qu’il faut aller au milieu des poteaux [pour faciliter la transformation de la gagne].

Qu’est ce qui vous est passé par la tête à ce moment-là?
C’est une immense émotion qui traverse l’esprit. Ca fait partie des moments qui resteront gravés…

Vous pensiez que c’était encore jouable quand vous entrez en jeu à 24-19 pour l’Angleterre?
Je pense que c’est jouable mais je sais que c’est très difficile, surtout dans ce genre de rencontre où l’on sait que les Anglais ne vont rien lâcher. Toute notre dernière action, elle est à l’instinct. Comme on dit, quand une bête est blessée, elle est deux fois plus forte car elle essaie de réagir. C’est ce qu’il s’est passé pour nous, on s’est dit qu’on ne pouvait pas perdre.

Vous attendiez-vous à entrer à jeu juste avant la fin?
Non… Petite anecdote, je disais au préparateur physique «c’est bon, on peut aller sur la touche, je ne rentrerai pas de toute façon». Et lui me dit: «Bah si, si, tu rentres maintenant». Ensuite Yannick (Bru) me dit: «Allez vas-y Gaël je crois en toi, faut que tu joues bien». Je suis rentré motivé.