Lagardère privatise le sport parisien

Stéphane ALLIES

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Arnaud Lagardère, patron du groupe Lagardère, s'est déclaré "très heureux pour cette nouvelle étape importante". "Nous sommes très attentifs à l'avenir des sections sportives du Racing et sommes convaincus qu'avec ses représentants, nous trouverons rapidement des solutions pour elles, pour le sport et pour que revive le grand Racing".
Arnaud Lagardère, patron du groupe Lagardère, s'est déclaré "très heureux pour cette nouvelle étape importante". "Nous sommes très attentifs à l'avenir des sections sportives du Racing et sommes convaincus qu'avec ses représentants, nous trouverons rapidement des solutions pour elles, pour le sport et pour que revive le grand Racing". — Jack Guez AFP

Quand Arnaud Lagardère est sur une proie, le plus simple pour se l'offrir c'est d'abord de l'appauvrir, puis de la racheter. Quelques mois après avoir dépossédé le Racing Club de France de la gestion de ses locaux de la Croix-Catelan, le magnat des médias, mécène et marchand d'armes, récupère les sections sportives du plus vieux centre omnisport de l'Hexagone. A 76,6%, ses membres résignés ont accepté l'opération, qui aurait pu être baptisée «Lagardère ou la mort».

Exsangues financièrement, les «racingmen» n'avaient pas d'alternative, s'ils voulaient sauvegarder les emplois du club et le maintien des activités sportives, qui concernent 20.000 membres, dont 5.000 enfants. Créé en 1882, le club au nœud papillon rose n'a désormais de certitudes que pour les trois prochaines années. Soit l'engagement d'Arnaud Lagardère à assurer le maintien de 13 des 18 sections sportives.

Mais l'enjeu principal de l'opération est ailleurs, pour le patron éveillé au sport par l'aventure malheureuse des JO 2012. Avec le rachat du Racing, le Team Lagardère récupère un siège social en plein cœur de Paris, avec terrains de tennis et piscine intégrés. Et peut avancer à grand pas vers son idéal: la privatisation du sport, à tous ses niveaux.

Du côté du ministère des Sports, on affiche «une position d'ouverture». «L'arrivée d'acteurs supplémentaires n'a pas pour conséquence un affaiblissement du service public du sport», indique ainsi un conseiller de Jean-François Lamour. «Il n'y a pas d'animosité envers des intervenants privés, plutôt un sentiment de complémentarité. Cela ne remet pas en cause la qualité de l'Insep, qui bénéficie par ailleurs d'un plan de rénovation, de nos Creps et filières de haut niveau».

Paul-Henri Matthieu a annoncé mercredi qu'il rejoignait à son tour le Team Lagardère. Il y retrouvera, entre autres, Richard Gasquet, Mickael Llodra, Amélie Mauresmo, Mary Pierce et Gaël Monfils. Un "team" athlétisme est en cours de création, sous la houlette de Guy Ontanon, ancien entraîneur de Christine Arron et Ronald Pognon.