Coupe de France: La détresse de Soner Ertek, bourreau malheureux de Falcao

FOOTBALL Le défenseur de Chasselay est à l’origine de la blessure de l’attaquant colombien, dont la gravité n’est pas encore connue…

Romain Scotto

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Le défenseur de Chasselay Soner Ertek (à dr.), face à Radamel Falcao lors d'un match de Coupe de France le 22 janvier 2014
Le défenseur de Chasselay Soner Ertek (à dr.), face à Radamel Falcao lors d'un match de Coupe de France le 22 janvier 2014 — PHILIPPE MERLE / AFP

La défaite contre Monaco en Coupe de France importait peu, mercredi soir, pour Soner Ertek. Ce défenseur de Chasselay, club amateur de CFA, était beaucoup plus tourmenté par la faute commise sur Radamel Falcao, provoquant sa sortie sur civière. Touché au genou, l’attaquant monégasque pourrait louper la prochaine Coupe du monde, si les examens révèlent une rupture des ligaments croisés. Pendant tout le match, Ertek n’a «pensé qu'à ça.» «Je n'ai pas osé aller le voir après l'action, je suis dépité. Je m'en voudrais toute ma vie si sa saison est terminée», assurait le défenseur amateur, «à deux doigts de pleurer».

En un tacle, ce professeur d’une classe de CE1 a déclenché une sorte de «fatwa» en Colombie, où son nom était en tête des «trendings topics» de Twitter. La presse colombienne a déjà tiré le portrait de ce joueur «d’1,80m pour 80kg qui a toujours joué dans les divisions les plus basses du foot français.» La télé colombienne Antena 2 Deportes s’est lancé dans un jeu de mot «Entro Fuertek» («Il y allé trop fort» en espagnol) alors qu’un mail de menaces et d’insultes a été envoyé à Chasselay au sujet du joeuur «Wanted.»

«L’un des plus gentils du club»

Pour le président du club, Jocelyn Fontanel, l’affaire prend des proportions démesurées. D’autant qu’il n’y a aucune méchanceté dans le geste d’Ertek. «C’est malheureux, mais c’est le sport. Moi, ça m’a gâché le match. J’étais assis à côté du vice-président de Monaco, j’étais pas bien.»

Selon lui, le joueur de 28 ans «est l’un des plus gentils du club». Pas vraiment un boucher habitué à découper chaque week-end les tibias de ses adversaires. En dix matchs cette saison, il n’a reçu qu’un jaune. Neuf la saison dernière, ainsi qu’un rouge. «Faire des fautes, ce n’est pas son style de jeu, poursuit Christophe Valiette, responsable technique du club. Il joue vraiment proprement. Soner est une bonne personne. Très calme et souriante.» Et désormais rongée par le remord.