La joueuse de tennis canadienne Eugénie Bouchard, lors d'un match à l'Open d'Australie le 21 janvier 2014
La joueuse de tennis canadienne Eugénie Bouchard, lors d'un match à l'Open d'Australie le 21 janvier 2014 — MAL FAIRCLOUGH / AFP

TENNIS

Nathalie Tauziat: «Eugénie Bouchard peut devenir numéro 1 mondiale»

L’ancienne coach de la Canadienne n’est pas étonnée par la réussite de la révélation de l’Open d’Australie…

Demi-finaliste surprise à l’Open d’Australie jeudi contre Na Li, Eugénie Bouchard récolte les fruits d’un travail entamé avec Nathalie Tauziat. De juin 2011 à octobre 2013, la Française coachait l’espoir canadienne, avant que Bouchard ne décide de s’installer durablement en Floride au sein d’une académie. Toujours affiliée à la fédération canadienne (elle entraîne désormais Wozniak), Nathalie Tauziat revient sur la réussite de la joueuse de 19 ans.

Etes-vous étonnée de voir votre ancienne joueuse à ce niveau ? 

Non, elle avait battu des filles dans les dix meilleures mondiales l’année dernière. Donc si on regarde bien, c’était jouable pour elle. Elle a gagné Wimbledon junior avec moi. Elle avait déjà montré tout son potentiel. Elle promettait.

Quelle est le secret de sa réussite ? 

Elle apprend très vite. Elle écoute, fait les bons choix. Elle s’adapte très bien. Elle a les qualités pour devenir une grande joueuse. Elle n’a peur de rien. Quand elle entre sur un central, elle ne se pose pas 10.000 questions, elle sait qu’elle est là pour gagner.

Par rapport à l’époque où vous l’entraîniez, qu'est ce qui a changé chez elle ? 

Pas grand-chose. Elle avance toujours dans la balle. Elle prend la balle tôt. De ce que j’ai vu de ses matchs, elle joue comme je lui demandais de jouer. Sans me mettre en avant puisque je ne l’entraîne plus.

On n'a pourtant pas l'habitude de voir des joueuses canadiennes à ce niveau...

Il y  en a d’autres qui arrivent derrière. Une jeune canadienne de 16 ans vient de gagner un 25.000 dollars. Françoise Abanda. Il faut lui laisser un peu de temps. Elles réussissent parce que ce sont des fonceuses. Elles savent ce qu’elles veulent. Elles sont plus positives. Eugénie, je lui ai appris que les choses se construisent petit à petit. Et ça marche. La différence avec la mentalité française, c’est que quand elle a une occasion, elle sait qu’elle ne doit pas la rater. Les Françaises ne sont pas du tout comme ça, je parle en connaissance de cause.

Peut elle devenir numéro 1 mondiale selon vous ? 

C’est son objectif. Elle fera tout pour y arriver même si parfois elle fait des erreurs dues à sa jeunesse. Des mauvais choix de tounois par exemple. Pour moi elle peut être numéro 1 mondiale. Elle a toutes les qualités. On voit que des filles comme Wozniacki, Safina, Ivanovic l’ont été. Pourquoi pas elle ? 

Y a-t-il un risque qu’elle soit frappée par le syndrome Kournikova ?  Le public masculin semble conquis par son charme…

Elle gagnera avant (Kournikova n’a jamais gagné le moindre tournoi avant de prendre sa retraite). Elle aime le tennis, la compétition, en plus. Mais elle assume très bien sa popularité. Quand elle était avec moi, elle l’assumait. Sa popularité est le résultat de son travail. Elle n’est pas étonnée. C’est normal.