Open d'Australie: Pourquoi Alizé Cornet peut battre Maria Sharapova

TENNIS La Française défie la Russe au troisième tour à Melbourne la nuit prochaine…

Julien Laloye

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Alizé Cornet, 31e joueuse mondiale, finaliste malheureuse en 2012, a inscrit son nom pour la première fois au palmarès du tournoi ATP de Strasbourg, en battant samedi la Tchèque Lucie Hradecka (112e) 7-6 (7/4), 6-0, en 1 h 28 min de jeu.
Alizé Cornet, 31e joueuse mondiale, finaliste malheureuse en 2012, a inscrit son nom pour la première fois au palmarès du tournoi ATP de Strasbourg, en battant samedi la Tchèque Lucie Hradecka (112e) 7-6 (7/4), 6-0, en 1 h 28 min de jeu. — Al Bello GETTY IMAGES NORTH AMERICA

C’est devenu une (mauvaise) habitude depuis que Marion Bartoli a décidé de tout plaquer pour devenir consultante. Alizé Cornet est la dernière Française en lice à l’Open d’Australie. A priori plus pour longtemps, puisqu’elle affronte Maria Sharapova la nuit prochaine. Sauf que ça, c’était peut-être valable avec la Cornet d’avant. La nouvelle Alizé, 25e joueuse mondiale, a tout changé pour retrouver le top 10 et gagner ce genre de matchs.

Elle a reconstruit son jeu

Cornet n’a pas découvert le tennis il y a trois mois. Mais la joueuse actuelle n’a rien à voir avec la jeune fille pleine d’insouciance qui déboulait jusqu’à la 11e place presque sans le vouloir en 2009. «J’ai toujours été une bosseuse, mais je ne me focalisais pas sur les bons axes. Aujourd’hui, je construis une identité de jeu :  je deviens plus agressive, je monte au filet… Toute une palette que je possédais déjà mais que j’exprime mieux», expliquait-elle avant Roland-Garros l’an passé. Concrètement, cela veut dire un service plus percutant (15 km/h de mieux en première balle) et une prise de coup droit revue de A à Z pour éviter les lifts mi-courts inoffensifs et les rallyes défensifs à n’en plus finir. Ne manque plus qu’une volée plus sûre, et Cornet pourra enfin prétendre faire le jeu plutôt que de le subir sur le court.

Elle s’est bâtie un physique

La Française a toujours été une combattante irréprochable, même quand le tennis ne suivait pas. Problème, sa nature défensive liée à son manque de puissance l’oblige à se dépouiller sur chaque point. Avec la débauche physique qui va avec. L’an passé, elle a pris le premier set à Azarenka (2e mondiale) à Roland-Garros puis à New York, mais elle n’a pas tenu la distance. Même chose à Wimbledon, où Pennetta était pourtant à portée de fusil. «C'est le physique qui a fait défaut, expliquait Emilie Loit lors du dernier US Open. Certes, Alizé est très à l'aise en défense, mais il faut absolument qu'elle fasse évoluer son jeu vers l'avant pour ne plus avoir à courir autant deux mètres derrière sa ligne.» Face à Sharapova, il faudra donc prendre des initiatives, sachant que la Russe n’arrivera pas fraîche comme une rose, après son 2e tour au couteau contre Knapp.

Elle a appris à perdre

40 degrés à l’ombre, une adversaire qui fait les fautes et les points, un score défavorable (4-1 contre elle dans la dernière manche)... Cornet est passé près du précipice contre la Roumaine Gorgi au 2e tour. Mais la Française, qui ferait passer Benoît Paire pour un flegmatique à force de grogner, jurer, râler et même pleurer sur un terrain, parfois tout ça en même temps, ne s’est pas désunie. Montée très vite et redescendue aussitôt (114e mondiale en 2012), Cornet s’est pris plusieurs murs en face, notamment en Coupe Davis. Et ne se met plus dans tous ses états pour une défaite. «On travaille tous les jours pour canaliser cette énergie, dit Georges Goven, son coach, dans L'Equipe. Moi, je préfère qu’elle libère son agressivité. Son sale caractère, c’est ce qui lui donne cette hargne sur le court.» Il en faudra pour faire tomber Sharapova.