Tennis: Un record de défaites pour Roger Federer

TENNIS Le Suisse est le joueur qui a perdu le plus de matchs en ayant marqué le plus de points...

Loïc Bécart

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Le Suisse Roger Federer lors de son élimination à l'US Open, le 2 septembre 2013.
Le Suisse Roger Federer lors de son élimination à l'US Open, le 2 septembre 2013. — TIMOTHY CLARY / AFP

Ce n'est pas tous les jours que l'on annonce un record de défaites pour Roger Federer, l'homme aux 17 victoires en tournois du Grand-Chelem. Pourtant, c'est bien l'expression utilisée par le chercheur américain Ryan Rodenberg, dans une étude publiée par l'International Journal of performance analysis of sport. Il a en effet trouvé que l'ancien numéro 1 mondial était l'homme ayant perdu le plus de matchs en ayant pourtant marqué plus de points que son adversaire.

Pour réaliser son étude, il a passé au cribble plus de 61.000 matchs ayant eu lieu entre 1991 et 2011 et en a relevé près de 2.800 présentant un paradoxe de Simpson. Ce paradoxe connu des statisticiens donne des résultats contre-intuitifs. En tennis, il donne celui-ci :  ce n'est pas toujours le joueur ayant marqué le plus de points qui remporte le match à la fin.

Mahut aurait pu gagner contre Isner si...

Par exemple, souvenons-nous du match fleuve entre le Français Nicolas Mahut et l'Américain John Isner à Wimbledon en 2010, perdu par le Tricolore 68-70 dans le cinquième set. En analysant ce match, on se rend compte que Mahut a en réalité inscrit 24 points de plus que son adversaire. C'est l'équivalent d'un set remporté 6-0, avec que des jeux blancs... Cette statistique s'explique notamment par le service solide d'Isner, longtemps considéré comme le nouveau Andy Roddick pour cette raison.

Concernant Roger Federer, sur les 927 matchs du Suisse comptés dans cette étude, 28 se terminent avec un vainqueur ayant marqué moins de points que le perdant. Et justement, le perdant dans l'histoire, c'est souvent Roger Federer :  il a perdu 24 duels en ayant pourtant inscrit le plus de points. Selon Ryan Rodenberg, cela s'explique pour deux raisons. Federer a un jeu de service solide, qui lui permet de conclure rapidement les points face à des adversaires plus faibles. Mais ces derniers, dans le même temps, prennent plus de risque sur leur propre service, donnant ainsi des jeux très serrés qu'ils remportent plus souvent.

Statistiquement, toujours d'après cette étude, il y a plus de chances de voir un paradoxe de Simpson sur surface dure, donc à l'Open d'Australie ou l'US Open.