Open d’Australie: A Eurosport, Marion Bartoli est devenue «la Formule 1 des consultants»

TENNIS Désormais retraitée, Marion Bartoli commente l’Open d’Australie sur Eurosport…

Antoine Maes

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L'ancienne joueuse de tennis Marion Bartoli, le 25 août 2013, à New York.
L'ancienne joueuse de tennis Marion Bartoli, le 25 août 2013, à New York. — EMMANUEL DUNAND / AFP

Il faudra bien qu’elle s’y fasse. Quoi qu’elle fasse, il y aura toujours quelqu’un pour considérer que Marion Bartoli le fait mal. Qu’elle gagne à Wimbledon ou qu’elle lance une ligne de vêtements. Alors forcément, quand elle monte en tribune de presse pour commenter l’Open d’Australie sur Eurosport, la reine de Wimbledon 2013 ne se fait pas que des amis.

 

 

Ce n’est ni sympa, ni d’ailleurs forcément vrai. A Eurosport, qui l’avait déjà testé à l’US Open en septembre dernier, on n’est d’ailleurs absolument pas de cet avis. «On est ravis de ce que nous apporte Marion, assure Arnaud Simon, le directeur général de la chaîne. Ce qui est intéressant chez elle, c’est que dans sa carrière, peut6être parce qu’elle n’avait pas le talent d’un Federer, elle a beaucoup réfléchi sur son sport. Sur la tactique, sur l’entraînement, sur la façon de battre les meilleurs.»

En clair, elle a ça en elle, et si elle provoque de telles réactions, c’est aussi parce que «Marion, elle n’est pas langue de bois, ce n’est pas de l’eau tiède», poursuit Arnaud Simon. De Paris, Jean-Paul Loth, ancien capitaine de l’équipe de France et vieux routier des consultants tennis, suit avec attention la progression de l’ancienne n°1 française. «Là où elle m’a surpris, c’est qu’elle a plus regardé le tennis masculin que je ne le pensais. En tout cas, elle l’a plus regardé que les mecs ne regardent le tennis féminin», sourit-il.

Jean-Paul Loth :  «Avec le temps, si ce n’est pas déjà le cas, elle apprendra à ne pas se laisser aller à des sympathies personnelles»

L’Alsacien n’a pas eu besoin d’offrir gracieusement des heures de media-training à Marion Bartoli. Mais la prévient quand même des écarts à ne pas commettre. «Avec le temps, si ce n’est pas déjà le cas, elle apprendra à ne pas se laisser aller à des sympathies personnelles. On n’a pas le droit d’être partial. C’est peut être la chose la plus compliquée pour les anciens joueurs», explique Jean-Paul Loth. Compliqué mais pas inatteignable pour celle qui est devenue «une Formule 1 des consultants», selon Arnaud Simon.

Normalement, elle devrait avoir tout son temps pour progresser encore, puisqu’elle est censée intervenir sur tous les tournois du Grand Chelem de l’année avec Eurosport. A moins que l’envie de redescendre dans l’arène la démange un peu trop. «Elle a exprimé plusieurs fois le fait qu’elle ne rejouera plus au tennis. Après, je ne suis pas dans sa tête, mais je pense qu’elle a tourné une page», assure Arnaud Simon. Dans le cas contraire, elle sait déjà sur quelle antenne annoncer son retour.