Arbitrage français: «Notre absence au Brésil va nous permettre de progresser», juge Pascal Garibian

FOOTBALL Le patron de la Direction technique nationale de l'arbitrage réagit à la décision de la Fifa...

avec AFP

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L'arbitre de Nantes-Monaco Tony Chapron, le 24 novembre 2013, à La Beaujoire.
L'arbitre de Nantes-Monaco Tony Chapron, le 24 novembre 2013, à La Beaujoire. — DAMIEN MEYER / AFP

Même s'il avoue sa «déception» devant l'absence d'arbitres français à la Coupe du monde 2014, Pascal Garibian, directeur technique de l'arbitrage, reste combatif et a expliqué mercredi à l'AFP qu'il allait se consacrer «au futur», visant un rayonnement «dans la sphère internationale». Garibian, fidèle à sa ligne de conduite depuis sa nomination en juillet dernier, a refusé d'évoquer son prédécesseur Marc Batta, en poste depuis 2004, dont la politique arbitrale est considérée par beaucoup comme la racine de l'échec du Mondial.

Quelle est votre réaction après l'annonce de la Fifa ce mercredi ? 
Cette non sélection est une déception, pour l'arbitrage français et pour Stéphane Lannoy (sur qui reposaient les espoirs français), qui avait arbitré une très belle demi-finale à l'Euro-2012 (Italie-Allemagne), et qui pouvait espérer légitimement aller à la Coupe du monde. Nous respectons le choix de la Fifa. Il faut noter qu'il y a une diminution du nombre de trios arbitraux retenus, 25 cette année contre 30 précédemment en 2010 et que le nombre de trios arbitraux pour la zone Europe passe à 9 contre 10 en 2010. Les prestations de Stéphane Lannoy avaient été particulièrement performantes. Mais sa blessure fin 2012 a pu faire craindre à la Fifa une baisse de performance. Il est âgé de 44 ans, mais certains arbitres retenus ont 43 ans. Mais je le répète, nous respectons le choix de la Fifa.

Qu'est-ce qui va se passer maintenant pour l'arbitrage français ? 
Cela renforce notre conviction et notre volonté de travailler, des secteurs amateurs aux secteurs d'élite, et de poursuivre la réforme de l'arbitrage engagée par le président de la Fédération française de football (FFF) Noël Le Graët. Il faut noter plusieurs signaux encourageants. D'abord, le fait que la Fifa ait nommé un dixième arbitre international français récemment. Il y a aussi la confiance des élus du football français dans l'arbitrage. J'ai aussi constaté les progrès dans l'état d'esprit entre les arbitres et les autres acteurs du football français, comme les présidents de clubs, les joueurs, même si je ne suis pas naïf et je sais que certaines tensions peuvent toujours arriver. Mais tout cela va nous permettre de travailler dans la sérénité et de faire progresser l'arbitrage français.

Cette non-sélection au Brésil est sans doute liée aux problèmes relevés sous votre prédécesseur Marc Batta...
Je n'ai pas l'intention de rentrer dans ce débat. Mon objectif est celui de tous ceux qui travaillent au service des arbitres. Mon objectif, c'est le présent, le futur, le reste ne m'intéresse pas. Le futur, c'est de permettre à nos jeunes arbitres de progresser sur la scène internationale, je pense à Ruddy Buquet, Nicolas Rainville, Clément Turpin, Anthony Gautier. Il faut leur permettre de rayonner dans la sphère internationale. Il nous faut aussi travailler à la détection des meilleurs talents, puis les aider à grimper les marches, au niveau national puis international.