Euro 2013: Les Experts repartent dans l’inconnu

HANDBALL  L’équipe de France n’attaque pas l’Euro dans le rôle habituel de favori…

Julien Laloye
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Nikola Karabatic en duel avec la défense danoise, le 5 janvier 2014 à Paris.
Nikola Karabatic en duel avec la défense danoise, le 5 janvier 2014 à Paris. — H.Collot

«Je ne suis pas sûr que les autres nations continuent à avoir peur de nous comme par le passé.» Claude Onesta a l’habitude de faire plus long, mais à la question «Que doit-on attendre de cet euro au Danemark ? » le sélectionneur des Bleus a vite fait le tour de la question. En pleine reconstruction, l’équipe de France part aujourd’hui de plus loin pour pouvoir prétendre au titre. A moins qu’elle ne lève les interrogations qui l’entourent plus vite que prévu, dés son premier match lundi contre la Russie (20h15).

Une défense à réinventer

L’an passé, au Mondial espagnol, ce n’était déjà plus vraiment le vrai Dinart, mais quand même. C’est la première fois depuis…depuis toujours, en fait, que les Bleus s’avancent vers une grande compétition sans le Guadeloupéen pour commander la défense, même si ce dernier fait désormais partie du staff. «Il était temps de passer à autre chose, tranche sans états d’âme Onesta. Aujourd’hui le handball a changé et on recherche d’avantage de continuité dans le jeu.» Luka Karabatic est amené à devenir le futur grand pivot français disponible des deux côtés du terrain. En attendant, c’est Cédric Sorhaindo qui cornequera un secteur central fourni en nombre, avec les frères Karabatic, Accambray, ou Grébille. «Cela apporte de la variété explique le Barcelonais. Maintenant, le système change selon l'adversaire. Ce qui fait qu'il n'y a pas une, mais plusieurs stratégies possibles pour l'équipe de France.»

Des blessés à faire oublier

Nikola Karabatic n’a pas manqué une campagne internationale depuis ses 18 ans, cela ne l’empêche pas de faire part d’une certaine lassitude. «Les calendriers sont mal faits. On joue trop de matchs et dans un sport de plus en plus physique, la casse augmente». Chez les Bleus, ça frise même le massacre. Xavier Barachet et Bertrand Gilles ont déclaré forfait il y a longtemps. Jérôme Fernandez et Thierry Omeyer sont restés dans le groupe, mais on ne sait pas quand ils vont être capables de jouer. Ni à quel niveau. «Forcément, les simulations ne sont pas les mêmes que celles imaginées il y a deux mois reconnaît Onesta. On a moins de cadres garantis sur le banc. Ce qui fait que ce sera à quitte ou double quand on fera tourner.» Notamment chez les gardiens, où Gérard et Dumoulin, bizuts en sélection, devront faire mieux que ce qu’ils ont montré en préparation.

Des jeunes à intégrer

Le sélectionneur aime à rappeler que la porte de l’équipe de France n’a jamais été figée et qu’elle a toujours été ouverte aux nouveaux, même pendant ses années de gloire. Ce n’est pas faux – 9 des 16 champions olympiques de Pékin ont été remplacés sans incidences sur le rendement du groupe - mais cette fois c’est double ration. Les deux gardiens, Mathieu Grébille, Kentin Mahé, Mathieu Grébille et Luka Karabatic vivront leur première grande compétition internationale. «Par la force des choses, ils auront des opportunités à saisir promet Onesta. Mais avec des joueurs si jeunes, il faut s’attendre au meilleur comme au pire.» Le meilleur, c’est faire comme Valentin Porte, retenu presque par hasard l’an passé et désormais option numéro 1 sur le poste d’arrière-droit. «Quel conseil je peux leur donner, s’interroge le Toulousain ?  Etre bons quand on va leur donner leur chance.» Simple non ?