Coupe de France: la police ne voit rien d'anormal sur le match La Cayolle - Ile-Rousse

FOOTBALL L'Arjel avait alerté la police judiciaire après les paris suspects sur un 32e de finale de Coupe de France...

avec AFP

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Capture d'écran du match entre Cayolle et l'Ile Rousse, le dimanche 5 janvier 2014
Capture d'écran du match entre Cayolle et l'Ile Rousse, le dimanche 5 janvier 2014 — Capture d'écran 20minutes

De très forts soupçons de paris truqués pèsent sur la rencontre dimanche entre le club corse de l'Ile-Rousse qui a finalement remporté le match (2-0) et celui de la cité sensible de La Cayolle à Marseille, mais la police dit n'avoir rien détecté d'anormal.

Des «paris totalement inhabituels» ont été enregistrés avant le match dimanche de ces 32e de finale de la Coupe de France de football, selon l'Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel) interrogée jeudi matin par l'AFP. L'Arjel a alerté dès lundi le service central des courses et des jeux (SCCJ) de la direction centrale de police judiciaire (DCPJ). Pour autant, une source proche de l'enquête à Marseille a assuré que les investigations «pour l'heure (jeudi), n'ont rien révélé d'anormal qui pourrait déboucher sur une enquête judiciaire».

Samedi, des rumeurs commencent à courir avec insistance sur des paris d'un montant très élevé engagés sur la victoire du club marseillais de division d'honneur régional (DHR) et le club corse (CFA2), deux équipes de valeur à priori très inégale. En Coupe de France, des paris peuvent être engagés à partir des 32e de finale. Au même moment, une dizaine d'indicateurs d'alerte de l'Arjel se mettent au rouge, ce que le gendarme des jeux en ligne considère comme «exceptionnel».

Un système d'alerte sophistiqué

En pointe pour le respect de la sincérité des paris sportifs, l'autorité a mis en place récemment une ingénierie d'alerte très sophistiquée pour détecter les paris anormaux. Ce système, présentée à la presse, avait été alors qualifiée par l'ancien président de l'Arjel Jean-François Vilotte «d'unique en Europe». Lundi, un logiciel analyse ces alertes et confirme le caractère «totalement inhabituel» des paris pris sur la rencontre.

Tout d'abord, le montant des paris sur le match s'élève à près de 100 000 euros, un montant «énorme» pour une rencontre entre deux équipes qui ont trois niveaux d'écart  :  5e niveau pour le club corse et 8e niveau pour le club marseillais. Les indicateurs de l'Arjel notent également que la «quasi totalité» des paris se sont portés sur la même équipe, en l'espèce La Cayolle, ce qui, selon l'Arjel, est «tout à fait inhabituel» quel que soit le niveau des équipes. Par ailleurs, la mise moyenne pour cette rencontre a été trois fois supérieure à la mise moyenne habituelle (10 euros).

Enfin, l'Arjel découvre que la répartition géographique de l'ensemble des paris sur le football par rapport à une journée habituelle de foot était totalement «atypique». En effet, ils avaient représenté 40% pour la seule région Provence Alpes Côte-d'Azur (Paca) au lieu de 9% habituellement.

Des précédents dans le football et le handball français

De son côté, le PMU, deuxième opérateur de paris sportifs en ligne, a assuré l'AFP n'avoir «pas détecté d'anomalie» sur la rencontre La Cayolle - L'Ile Rousse. La Française des Jeux (FDJ) dit avoir «enregistré un montant qui correspond à une belle rencontre de la Coupe de France et n'avoir pas été amené à suspendre les paris» dans son réseau de détaillants et en ligne.

En avril 2011, la Ligue de football professionnel avait constaté «un nombre anormal d'opérations» autour de la rencontre Tours-Grenoble disputée dans le cadre de la 33e journée de L2, soupçonnant la rencontre d'avoir été l'objet de paris en ligne truqués.

La question des paris sportifs truqués avait resurgi lors de l'enquête sur le match de handball Cesson-Montpellier, le 12 mai 2012. Dans cette affaire, seize personnes, dont huit joueurs de Montpellier, sont soupçonnées d'avoir parié quelque 88.000 euros sur le score à la mi-temps (15-12) du match dans le réseau physique de la Française des Jeux (FDJ). Le système d'alerte de la FDJ avait immédiatement repéré ces paris anormaux.

Le secteur des paris sportifs en ligne compte actuellement neuf opérateurs agréés par l'Arjel.